Li Keqiang s’installe à la tête du gouvernement chinois

L’Assemblée nationale populaire a nommé officiellement premier ministre ce brillant technocrate devenu en novembre dernier le numéro 2 du Parti communiste chinois.

L’équipe des dirigeants chinois pour la nouvelle décennie est désormais en ordre de bataille. Le «camarade Li Keqiang» a été choisi ce vendredi comme premier ministre de la République populaire, Après celle de Xi Jinping à la présidence la veille, la nomination officielle du chef du gouvernement marque la fin du processus de transition politique entamé lors du 18e Congrès de novembre dernier.

Ce processus d’approbation par l’Assemblée nationale populaire (ANP) est largement symbolique, puisqu’il s’agit d’entériner les décisions prises par le Parti. Le choix de Li Keqiang a ainsi été approuvé par 2940 des 2949 délégués de l’ANP, soit par 99,69% des voix (trois votes «non» et 6 absentions). Un peu moins, note-t-on, que les 99,86% enregistrés la veille pour l’élection de Xi Jinping à la présidence de la République, en remplacement de Hu Jintao (un vote «non» et 3 absentions). Les internautes chinois se moquent facilement de ce mode «d’élection» alors que les jeux sont faits, comme celui-ci qui écrit avec humour: «C’est comme si le bébé est déjà né, mais que l’on fait semblant de faire une échographie prénatale»…

Réorienter le modèle de croissance chinois

Li Keqiang, âgé de 57 ans, est un brillant technocrate, docteur en économie et diplômé de droit. De sa jeunesse trempée dans les milieux libéraux des années 80, certains espèrent un tropisme réformiste faisant souffler un peu de vent frais sur la direction chinoise. Sans toutefois attendre d’initiatives trop hardies de la part de ce cadre prudent. En novembre dernier, Li a été nommé n°2 dans la hiérarchie du Parti, alors que son prédécesseur Wen Jiabao n’était que n°3. Li aura la lourde tâche de gérer au jour le jour la deuxième économie mondiale. Sa grande mission sera de réorienter le modèle de croissance chinois, en le faisant davantage reposer sur la consommation que sur l’investissement et les grands projets d’infrastructure.

Ces trois derniers mois, Li Keqiang a ainsi parlé à plusieurs reprises de son chantier prioritaire, pour soutenir la croissance et réduire les inégalités sociales: une vaste et volontaire politique d’urbanisation. Dans la décennie à venir, il s’agit d’attirer 400 millions de ruraux vers les villes, à l’aide d’un vaste plan estimé à 40.000 milliards de yuans (environ 4930 milliards d’euros). D’ici à 2020, plus de 60% de la population devrait résider dans les villes, contre 50% aujourd’hui. Avec l’idée de grossir les rangs d’une nouvelle classe de consommateurs.

Le nouveau premier ministre chinois devrait préciser sa feuille de route dimanche, à l’occasion de sa première grande conférence de presse, devant les médias chinois et internationaux.

lefigaro.fr

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