Compétitivité : rencontre symbolique Merkel-Hollande

À l’initiative de patrons européens, la chancelière et le président ont livré leur vision pour relancer la croissance.

Chef de la première puissance industrielle européenne, Angela Merkel a reçu, lundi soir, François Hollande et José Manuel Barroso pour un dîner inédit autour d’une quinzaine de grands patrons européens. Rassemblés à l’initiative de la chancelière, le président français, le président de la Commission européenne et l’élite du patronat ont cherché ensemble les moyens de relancer la croissance et la compétitivité d’une Europe en crise.

«Nous savons que nous sommes dans un contexte aigu de compétition mondiale. Et les grands dirigeants d’entreprises européennes vont nous le dire», a lancé la chancelière, chantre des réformes visant à renforcer la compétitivité de la zone euro, en se tournant vers le président français.

De son côté, François Hollande a souligné que la priorité pour l’Europe doit être de renforcer la croissance. C’est pourquoi «nous devons tout faire pour que la compétitivité soit aussi forte que possible», a-t-il dit. Le président a insisté sur la nécessité d’investir dans l’innovation, la recherche et une plus grande harmonisation du marché intérieur. Mais aussi de renforcer la «flexibilité du marché du travail».

Leif Johansson, PDG d’Ericsson et président de la «Table ronde des industriels européens» (ERT), le club très sélect d’obédience libérale dont sont issus les grands patrons invités à la chancellerie, s’est voulu optimiste. «Nous pouvons rester compétitifs face à la Chine, les États-Unis et l’Inde en restant en Europe», a-t-il dit. À condition de «réussir ensemble à créer les conditions d’un nouveau cycle de croissance et de compétitivité», a ajouté Johansson.

Résolu à mettre en avant les atouts de la France, le président français espérait désamorcer la tentation du «French bashing».

Déficits importants, croissance en berne, réformes structurelles qui patinent: ces dernières semaines, les nouvelles de France n’ont guère enthousiasmé Angela Merkel, qui s’est cependant gardé de toute réprimande publique. Le ministre de l’Économie et patron du parti libéral, Philipp Rösler, s’en charge, ciblant la France en moquant «les idées catastrophiques des sociaux-démocrates allemands», qui veulent s’inspirer du modèle français, selon lui.

L’amorce d’un changement

«75 % d’impôts pour les plus riches, la retraite à 60 ans»: c’est la recette pour «faire monter le chômage, les dettes et atteindre une croissance nulle», tacle Rösler.

Les médias allemands veulent voir dans la visite de Hollande l’amorce d’un changement. Pour le quotidien des affaires Handelsblatt, le président français, acculé par les chiffres du chômage, la stagnation de l’économie et une cote d’opinion au plus bas, n’a plus d’autre choix que de mener à bien des réformes visant à renforcer la compétitivité de la France en taillant dans l’État-providence et en réformant le marché du travail… Pour l’instant, il ne s’agit encore que d’un espoir cultivé à la fois par Angela Merkel, la Commission européenne et les patrons de l’ERT.

lefigaro.fr

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