Sarkozy de retour en Libye deux ans après

L’ancien président se rend ce mardi avec Alain Juppé et Dominique Perben dans le pays qu’il avait aidé à se révolter.

La visite avait d’abord été programmée pour la deuxième quinzaine de février. Mais l’opération «Serval» au Mali venait de commencer. Et il aurait sans doute été mal perçu que l’ancien président de la République braque les feux de l’actualité sur sa personne en se rendant en Libye, alors que François Hollande revenait tout juste d’un voyage éclair de soutien aux soldats français en guerre au Sahel.

La date de son séjour a donc été reportée à ce mardi 19 mars, date du deuxième anniversaire du début de l’offensive aérienne lancée par Nicolas Sarkozy contre le régime de Mouammar Kadhafi. Offensive approuvée par les Nations unies et menée conjointement avec la Grande-Bretagne pour aider la rébellion.

C’est à l’invitation du maire de Tripoli, le Dr Sadat al-Badri, que l’ancien président de la République est aujourd’hui dans la capitale libyenne. Il est accompagné d’Alain Juppé, son ancien ministre des Affaires étrangères, et de Dominique Perben, ex-garde des Sceaux de l’ère Chirac, aujourd’hui retiré de la politique, mais qui entretient des relations étroites comme avocat avec les nouvelles autorités sur place.

Sans profit électoral

Arrivés en milieu de matinée à bord d’un avion affrété par leurs hôtes, les trois hommes, après un passage à l’hôtel de ville de Tripoli, doivent s’entretenir avec le premier ministre, Ali Zeidane. Après le déjeuner, organisé à l’hôtel Radisson, Nicolas Sarkozy doit rencontrer des élus de tous les partis représentés au Congrès national, unique assemblée du système législatif ­libyen. «Aucun discours public de l’ex-chef de l’État en présence de la presse n’est annoncé», confie une source française à Tripoli. Le retour vers Paris est prévu en fin d’après-midi.

Depuis le succès de l’intervention franco-britannique en Libye, qui a contribué à la victoire des rebelles contre les forces de Mouammar Kadhafi, Nicolas Sarkozy jouit d’une réelle popularité dans ce pays. Accompagné de David Cameron et du philosophe Bernard-Henri Lévy, qui l’avait encouragé à engager l’aviation française dans cette guerre civile, il y avait été accueilli en quasi-libérateur le 15 septembre 2011.

Après une escale à Tripoli, Sarkozy, Cameron et BHL s’étaient envolés pour Benghazi, fief de la rébellion, où ils avaient eu droit à un impressionnant bain de foule. «Nous croyons dans une Libye unie, pas dans une Libye divisée, avait alors déclaré l’ancien président de la République. La France veut vous dire son amitié et son soutien.» Les hymnes nationaux français et britannique avaient même été joués sur la place de la Liberté de Benghazi.

L’opération conduite par Nicolas Sarkozy en Libye a pu être critiquée en France, elle n’a jamais été un vif sujet de polémique, alors que la campagne présidentielle commençait. L’ancien président de la République n’en a pas pour autant tiré un profit électoral.

Une enquête est actuellement ouverte en France sur des accusations de financement illicite de sa campagne de 2007 par le régime de Mouammar Kadhafi, qu’il avait reçu à Paris quatre ans avant de s’opposer à lui.

Depuis son départ de l’Élysée, Nicolas Sarkozy entretient des relations régulières avec les autorités libyennes. Il a reçu le maire de Tripoli et une délégation d’élus au cœur de l’automne dans ses bureaux de la rue Miromesnil, à Paris.

lefigaro.fr

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