Le Pape : «Priez pour moi, j’en ai tellement besoin»

Le pape François a improvisé un appel pressant aux chrétiens pour qu’ils soutiennent son action par « la prière ». Il s’est posé non comme un pape, mais comme un « évêque » au milieu de son « peuple ».

Solitude d’un pape ? L’appel improvisé à la prière pour lui-même, lancé, dimanche en fin d’après-midi, par le pape Françoisaux chrétiens, a été d’une intensité rare. «Je vous demande de prier pour moi. J’en ai tellement besoin. N’oubliez pas cela…». En saluant la foule qui s’était massée devant la basilique du Latran, où il venait de prendre possession de son siège épiscopal d’évêque de Rome, il a aussi ajouté des paroles extrêmement éclairantes sur sa vision du pouvoir de «pape» – dénomination qu’il n’utilise toujours pas: «Avançons tous ensemble: peuple et évêque, tous ensemble. Avançons toujours dans la joie du Christ ressuscité.»

Le visage du pape François était certes joyeux mais lourd du poids d’une responsabilité qu’il envisage autrement. Exprimée en effet dans cet ordre, cette phrase, «peuple et évêque» signifie que le Pape n’entend pas se mettre au-dessus mais «au service» de son peuple, comme il l’a déjà expliqué à plusieurs reprises depuis son élection, le 13 mars.

Il avait d’ailleurs fait modifier la formule prononcée devant lui par le cardinal A. Vallini au moment où il s’est assis sur sa cathèdre, majestueux trône de l’évêque de Rome, dans la basilique du Latran (et objet de cette «prise de possession»). Le prélat ne lui a pas dit, selon la tradition: «Comme le vigneron surveille, d’un lieu élevé, la ­vigne (…) tu es dans une position élevée pour gouverner et garder le peuple qui t’est confié.» Mais ce texte inspiré de l’ecclésiologie de l’Église orthodoxe: «Élu en ce lieu pour présider toutes les Églises dans la charité, tu guides chacun avec une douceur ferme sur les voies de la sainteté.»

« Nous devons avoir davantage de courage pour témoigner de la foi au Christ ressuscité.»

Pape François

Deux nouveaux indices, succincts, mais significatifs, d’une conception radicalement différente de la papauté. Sans oublier que cette cérémonie éminemment symbolique – elle exprime son pouvoir d’évêque de Rome, donc de pape – n’était pas si importante à ses yeux. Elle aurait pu avoir lieu le jeudi saint. François avait alors préféré aller célébrer la messe dans une prison de jeunes mineurs dans la banlieue de Rome.

Le Pape a également confirmé sa façon très directe de prêcher, où il tutoie. Il méditait sur le «style de Dieu »: «Dieu n’est pas impatient comme nous (…). Dieu est patient avec nous car il nous aime. (…) Dieu nous attend toujours, même quand nous nous sommes éloignés! Lui n’est jamais loin, et si nous revenons à lui, il est prêt à nous embrasser.»

Il a ajouté: «Quelqu’un pourrait peut-être penser: mon péché est tellement grand… Je n’ai pas le courage de retourner, de penser que Dieu puisse m’accueillir et qu’il m’attende, moi. Mais Dieu t’attend, toi, il te demande seulement le courage de venir à lui. (…) Laissons-nous saisir par la proposition de Dieu, la sienne est une caresse d’amour.»

Quelques heures plus tôt, lors d’une prière, place Saint-Pierre, le pape François avait aussi exhorté les catholiques: «Nous devons avoir davantage de courage pour témoigner de la foi au Christ ressuscité. Nous ne devons pas avoir peur d’être chrétiens et de vivre en chrétiens.»

lefigaro.fr

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