Centrafrique: une vingtaine de morts après des heurts entre habitants et la Séléka à Bangui

Une vingtaine de personnes ont été tuées ce week-end à Bangui lors d’affrontements entre des habitants et des hommes de la Séléka. Le bilan est encore provisoire.

Plus de trois semaines après la prise du pouvoir par les membres de la coalition Séléka, la sécurité est loin d’être rétablie à Bangui. Sur les seules journées de samedi et dimanche, une vingtaine de personnes sont mortes après des affrontements entre des habitants et des ex-rebelles dans la capitale centrafricaine.

« On n’a pas tous les détails sur les victimes, mais d’après ce que nous avons vu, et les informations qui nous sont parvenues des autres formations sanitaires, on approche déjà 20 morts », a affirmé une source de la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui. Selon une source policière, « les premières informations en notre possession et celles fournies par la Croix-rouge font état de près de 20 morts et plusieurs dizaines de blessés dans les deux arrondissements. Un bilan encore provisoire ».

Selon plusieurs témoins, 12 personnes ont été tuées dans le 7e arrondissement de Bangui (sud de la capitale). Une source policière a indiqué que les affrontements avaient eu lieu lors d’opérations de la Séléka pour retrouver des armes. D’après d’autres témoins, le maire du quartier Joseph Tagbalet fait partie des blessés et a été transporté à l’hôpital. Les tirs auraient fait fuir une partie de la population du quartier donnant sur l’Oubangui que certains ont traversé pour se réfugier au Congo voisin.

Les pillages continuent

« Un élément du Séléka a ouvert le feu sur un jeune qui tenait le pousse-pousse (avec le corps à inhumer) » et qui est mort « sur le champ », a affirmé un chauffeur de taxi, Freddy, présent sur les lieux au moment de l’incident. « Cela a suscité la colère des membres du cortège et des habitants » du quartier, dans lequel « des cris et des heurts » ont suivi.

Selon une source à la Croix rouge, quatre personnes sont mortes à Boy-Rabé et trois autres à Gobongo, deux quartiers du 4e arrondissement (nord de la capitale). Boy-Rabé avait déjà vécu des moments de tension la semaine dernière avec des échanges de coups de feu, qui n’avaient toutefois pas fait de victimes mortelles.

D’après un bilan provisoire établi par la Croix-rouge centrafricaine avant les violences de ce weekend, les évènements liés à la prise de pouvoir ont fait 119 morts (civils, militaires et éléments de la Séléka confondus) et 456 blessés. La Séléka peine à établir l’ordre dans Bangui depuis sa prise de la ville le 24 mars et la fuite du président François Bozizé. Les pillages d’éléments incontrôlés de l’ancienne rébellion ou de bandits se poursuivent dans un climat de tension. Les habitants, eux, vivent dans la peur. Ils sont aussi excédés par l’insécurité et les pillages.

Jeuneafrique.com

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