Boston : la trouvaille inespérée du FBI

Les enquêteurs ont retrouvé un sac à dos ayant contenu l’un des deux engins explosifs improvisés, et un pan déformé de Cocotte-minute l’ayant abrité, parmi les débris de l’attentat. Des indices qui pourraient accélérer la résolution de l’enquête.

Vingt-quatre heures auront suffi au FBI pour faire une découverte inespérée, stupéfiante. Parmi les débris collectés après l’explosion lundi de deux bombes artisanales lors du marathon de Boston (3 morts, 170 blessés) et envoyés dans les laboratoires de Quantico (Virginie, est) ont émergé deux objets essentiels à la poursuite de l’enquête: un sac à dos noir en nylon ayant contenu l’un des deux engins explosifs improvisés, et un pan déformé de Cocotte-minute argentée l’ayant abrité. A cette dernière étaient encore attachés des câbles électriques, des fusibles, des clous et de petites billes d’acier. Deux photos accompagnant un bulletin d’information du FBI à destination des autres agences de sécurité des Etats-Unis ont été aussitôt rendues publiques. La légende accolée aux clichés précise que la bombe contenue dans le sac était «un engin explosif improvisé» (dit IED, pour improvised explosive device), assemblé autour d’une Cocotte-Minute.

«C’est une trouvaille phénoménale qui pourrait précipiter la résolution de l’enquête, s’enthousiasmait mardi soir Jeff Beatty, un expert en terrorisme sur CNN. Imaginez que l’on retrouve des empreintes digitales, des traces d’ADN ou des numéros de série sur l’un de ces objets. La traque des auteurs de l’attentat pourrait s’en trouver singulièrement accélérée».

«Elle pourrait en effet prendre une importance décisive» dans les heures et jours à venir, renchérit Michael Sullivan, ex-directeur du bureau ATF (Alcohol, Tobacco and Firearms), selon lequel «cette pièce à conviction pourrait révéler le type de détonateur utilisé et permettre de reconstituer la bombe et ses composants».

«En ce moment même, (les enquêteurs du FBI) sont sur le point de déterminer le type d’engin explosif employé, ajoute le représentant démocrate Dutch Ruppersberger (Maryland), membre de la commission parlementaire sur le renseignement. Ils vont remonter la piste et obtenir des réponses. Celui qui a fait cela, nous allons le trouver».

La piste du loup solitaire

Restent de vastes zones d’ombre pour les scientifiques de Quantico et le millier d’agents fédéraux mobilisés pour débusquer les commanditaires, avant qu’ils ne leur filent entre les doigts: le second engin explosif, quoique très similaire, déclenché 13 secondes plus tôt, n’a pas encore livré ses secrets comme ce dernier. Rien en outre ne permet encore de dire si les bombes artisanales ont été activées à distance, par téléphone portable, selon l’usage des insurgés irakiens ou afghans.

En l’absence de toute revendication, les autorités américaines ont appelé mardi les témoins à communiquer leurs moindres souvenirs de la scène, au cas où ils pourraient se remémorer une personne ayant déposé un sac à dos noir «particulièrement volumineux» non loin des barrières séparant la foule des marathoniens.

Mardi soir, les experts interrogés sur les grandes chaînes d’information américaines concordaient dans leur analyse: le type d’explosif, le modus operandi semblent pointer du doigt un «loup solitaire», qu’il appartienne aux milices extrémistes blanches américaines déjà responsables des attentats d’Oklahoma City (1995) et Atlanta (1996) ou à un mouvement islamiste étranger, proche ou non d’al-Qaida, auteur des attentats du 11 septembre 2001.

Lettre piégée à la ricine

Bien qu’aucune corrélation n’ait pu être faite avec l’attentat de Boston, un étrange incident survenu mardi sur la colline du Capitole, à Washington, a mis les forces de l’ordre en alerte: un sénateur républicain, Roger Wicker (Mississippi), a reçu une enveloppe piégée à la ricine, un poison bien moins dangereux que l’anthrax, mais fortement toxique. Seul indice: la lettre avait été postée dans le Tennessee voisin.

lefigaro.fr

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