Incident à l’Assemblée : Bartolone veut des sanctions

Claude Bartolone a annoncé vendredi qu’il demanderait que le bureau de l’Assemblée nationale, qu’il préside, prenne des sanctions contre les députés qui ont failli en venir aux mains dans la nuit, lors du débat sur le mariage homosexuel.

La gamme des sanctions prévues par le règlement de l’Assemblée va du rappel à l’ordre à une exclusion de quinze jours du Palais Bourbon (avec privation de la moitié de l’indemnité pendant deux mois). Le bureau de l’Assemblée comprend 22 membres, de tous les groupes, élus à la représentation proportionnelle.

«Je présenterai les images de cet incident à la prochaine réunion du bureau et je demanderai qu’il puisse y avoir des sanctions, car il y a des choses qui ne peuvent pas être acceptées», a dit à la presse le président socialiste de l’Assemblée nationale, à l’issue d’une nuit de discussions qu’il a entièrement dirigées du Perchoir.

Vers 1 heure du matin, des élus UMP, excédés par une mimique d’un collaborateur de la ministre de la justice, se sont précipités vers les bancs du gouvernement, créant plusieurs minutes de tension physique où les députés ont failli en venir aux mains.

UN «MOMENT HISTORIQUE»

Dans un premier temps, Claude Bartolone avait dit qu’il n’y avait pas d’images de la partie des incidents survenue durant une suspension de séance, avant d’indiquer que celles-ci existaient.

«On ne peut pas accepter que dans l’hémicycle, on ait des comportements que l’on condamnerait partout ailleurs, on ne peut pas accepter qu’un député, parce qu’un membre de cabinet ou d’administration sourit, prenne ça pour une provocation. C’est d’ailleurs cela qui est à l’origine de ma volonté de poursuivretoute la nuit, lorsque j’ai vu ça, alors que je n’étais pas très chaud, je me suis dit : il vaut mieux finir, parce que s’il y a ce genre de choses qui commencent à se produire, on peut détériorer à la fois le climat et l’image de ce texte», a expliqué Claude Bartolone.

«Il y a des moments où vous ne savez pas comment ça démarre, d’un seul coup, pour un rien, pour un regard ou un sourire qui pouvait déplaire, les choses vous échappent pendant quelques instants avant que je n’aie réussi à les rattraper», a-t-il raconté.

Sur le fond, «je pense que même les opposants à ce texte se rendaient compte qu’ils vivaient un moment historique, qui nous amène aujourd’hui à offrir l’égalité, à ne rien enlever aux couples hétérosexuels et à offrir l’égalité aux couples de personnes de même sexe».

«Nous avons installé une loi qui restera quel que soit le résultat des futures élections», a prédit M. Bartolone, en rappelant que l’opposition défend maintenant le Pacs qu’elle avait combattu, et que la droite espagnole n’a pas abrogé le mariage homosexuel instauré par les socialistes.

lemonde.fr

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