Sarkozy n’entend pas hâter un éventuel retour

Selon Brice Hortefeux, l’ancien président est touché «par ce témoignage d’affection, mais refuse d’en tirer une conséquence politique».

Nicolas Sarkozy conserve le meilleur potentiel de reconquête du pouvoir à droite. C’est sans doute l’enseignement principal de la première année d’opposition de l’UMP. Ni François Fillon ni, a fortiori, Jean-François Copé n’ont réussi à combler la place laissée vide. «Si la droite veut conserver une chance de gagner en 2017, il faudra repasser par la case Sarkozy», tranche l’un de ses anciens collaborateurs, l’un des nombreux compagnons de route du chef de l’État qui continuent de l’alimenter en notes. «À droite, on a une culture du chef charismatique. Et même en tenant compte de la tricherie éventuelle contre Fillon, s’il avait été charismatique on aurait eu François Fillon élu en novembre à la tête de l’UMP!», décoche ce dernier à l’encontre du «Hollande de droite».

Ce point de vue reflète celui des sarkozystes purs et durs. Ils ont identifié Fillon comme le dernier obstacle sur le chemin d’un retour éventuel, et ils jugent cet obstacle facile à surmonter. Le deuxième obstacle, judiciaire, leur paraît également moins difficile à renverser depuis que le bruit a filtré d’un avis défavorable du parquet de Bordeaux contre la mise en examen de Sarkozy dans l’affaire Bettencourt.

Mais le Sarkozy qui réussit dans les sondages est le contraire du Sarkozy loquace – autrement dit le vrai Sarkozy – que les Français ont connu. On ne sait pas si en sortant de sa retraite, il conserverait les mêmes chances de victoire en 2017.

Affaiblissement précoce de la présidence

Nombre de ceux qui souhaitent son retour autour de lui en sont conscients. «Ce succès d’opinion comporte un risque. Les événements lui donnent superficiellement raison, et il risque d’oublier qu’il a aussi été battu sur ses défauts», analyse un autre visiteur du président, qui conclut qu’un éventuel retour n’est possible que s’il change vraiment. «Il faudrait qu’il sacrifie une partie de l’entourage qui l’accompagne depuis trop longtemps», avance même un élu sarkosyste. Aujourd’hui, Sarkozy admet volontiers que les difficultés d’un retour restent grandes, mais un an après, il considère que le terrain à droite lui est beaucoup plus favorable que prévu. Là encore, l’ancien patron de la droite ne pouvait pas imaginer un tel embourbement de l’UMP. «Je savais que François Hollande allait dans le mur, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite», n’a-t-il cessé de dire à ses interlocuteurs depuis six mois. Cet affaiblissement précoce de la présidence ne doit pas «accélérer un éventuel calendrier de retour», précise-t-il à ses intimes. «Il ne croit pas en une crise institutionnelle», précise son entourage proche, même s’il entend ce que lui disent tous les élus qui passent le voir: «la colère monte», constate l’ex-président. C’est la raison pour laquelle il désapprouve toute opération de transparence sur les patrimoines des politiques. Et il a encouragé Jean-François Copé à ne pas publier le sien, contrairement à François Fillon.

Pour le moment, la consigne est de garder le silence. Sarkozy ne manque pas d’évoquer ceux qui lui demandent de revenir quand il se déplace en France. Il ne se lasse pas non plus des sondages qui marquent son maintien et l’effondrement de son successeur. Il se contente de se dire touché «par ce témoignage d’affection, mais refuse d’en tirer une conséquence politique», explique avec des mots choisis son ami l’eurodéputé Brice Hortefeux. Il continue de recevoir les politiques dans son bureau de la rue de Miromesnil, comme Jean-Pierre Raffarin ce jeudi. À New York la semaine prochaine, il a pris rendez-vous avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

lefigaro.fr

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