Au Venezuela,le recomptage des voix affaiblit Nicolas Maduro

Henrique Capriles a réussi à imposer à Nicolas Maduro la vérification de 100% des bureaux de vote. Ce dernier a était officiellement investi président hier.

La cérémonie d’investiture de Nicolas Maduro n’a pas déchaîné l’enthousiasme auquel le chavisme nous avait habitués. Les quelques dizaines de milliers de chavistes qui ont investi le centre ville semblaient s’ennuyer et s’interrogeaient ce qu’il faisait là. Il faut dire que la victoire est amère et peut-être provisoire. Si c’est bien Nicolas Maduro qui a été investi hier vendredi 19 avril président de la république bolivarienne du Venezuela, le grand gagnant de la crise politique qui a secoué le Venezuela est le désormais incontesté leader de l’opposition Henrique Capriles.

Depuis dimanche soir, il s’évertue à réclamer un recomptage de l’ensemble des bureaux de votes de l’élection présidentielle du 14 avril qui l’a opposé à l’héritier désigné d’Hugo Chavez. Le Conseil national électoral (CNE) vient de l’accepter après quatre jours de tergiversations, un organisme dont l’opposition dénonce la partialité.

Alors que Henrique Capriles se félicitait de cette décision parlant de «victoire du peuple vénézuélien», Nicolas Maduro a dénoncé les manœuvres de déstabilisation de l’opposition, estimant que «au Venezuela, nous n’avons pas une opposition mais une conspiration». Si Nicolas Maduro a dû se résoudre à ce recomptage général, c’est que son incapacité à gérer la crise politique a renforcé la crédibilité des arguments de Henrique Capriles et a généré un malaise dans le pays et surtout chez les chavistes.

Opérations de vérification

Le vote est entièrement électronique au Venezuela. Les opérations vont consister à vérifier la cohérence entre les résultats donnés par les machines. Les registres électoraux seront vérifiés. Des représentants d’Henrique Capriles ont déposé mercredi au CNE une liste de plus de 3.000 irrégularités qui pourraient annuler une partie des résultats pour fraude. Henrique Capriles a parlé de non respect du secret du vote, de propagande électorale à l’intérieur des bureaux, des violences autour des bâtiments où se déroulait le scrutin. Ces opérations prendront trente jours selon Tibisay Lucena, présidente du CNE.

Il est probable que la réunion de l’Unasur (Union des nations sud américaines) à Lima a été décisive dans ce recul de Nicolas Maduro. La plupart des chefs d’Etat qui y participaient jeudi pour examiner la situation politique du Venezuela, étaient présents hier à l’investiture de Nicolas Maduro.

Beaucoup d’entre eux répugnaient à prendre part à une cérémonie de prise du pouvoir alors que la moitié du pays tape sur des casseroles chaque soir depuis une semaine pour réclamer une vérification du décompte des voix.

Dans une déclaration finale, l’Unasur a estimé que «toutes les réclamations, questionnements émanant de participants au processus électoral» doivent être pris en compte et saluait «la décision du Conseil national électoral» de procéder à un «comptage de tous les bureaux de votes».

Le Brésil, le Pérou, l’Equateur, la Colombie, la Bolivie et l’Argentine, entre autres, ont reconnu la victoire de Nicolas Maduro contrairement à Washington. L’Union européenne s’est déclarée «préoccupée par la polarisation croissante» du Venezuela. La France s’est contentée de «prendre note».

La cérémonie d’investiture s’est déroulée devant un Parlement qui a été secoué par de graves incidents cette semaine. Son président, Diosdado Cabello, a refusé de donner la parole aux députés qui ne reconnaissaient pas la légitimité de Nicolas Maduro et les a congédiés des présidences de commission qu’ils occupaient. L’un d’entre eux a été blessé au sein même de l’hémicycle par un jet de micro. Le discours d’investiture du président Maduro a été largement consacré à célébrer l’amitié entre Cuba et le Venezuela. Nicolas Maduro a dénoncé le climat dans lequel la campagne électorale s’est déroulée estimant qu’il y avait «la même ambiance qu’en Allemagne dans les années 30 contre les juifs mais cette fois (au Venezuela c’était) contre le peuple cubain».

lefigaro.fr

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