Attentat à la voiture piégée contre l’ambassade de France à Tripoli

L’ambassade de France à Tripoli a été visée, tôt mardi 23 avril au matin, par un attentat à la voiture piégée. Deux gardes ont été blessés. Les dégâts matériels sont importants.

L’attentat à la voiture piégée qui a ciblé l’ambassade de France à Tripoli mardi matin a blessé deux gardes français, dont un grièvement. Selon une source de sécurité libyenne, les dégâts sont importants. Le bâtiment a été fortement endommagé et une partie du mur de l’enceinte détruite par l’explosion qui s’est produite à 7h locale. Deux voitures garées devant l’ambassade étaient complètement  calcinées.

« Il ne reste plus rien de mon bureau », a déclaré à l’AFP une employée française de l’ambassade installée dans une villa à deux étages située au coin d’une rue du quartier résidentiel de Gargaresh, où est située l’ambassade. « On a entendu une forte détonation à 07h00. C’était une très grave erreur d’installer l’ambassade de France dans notre quartier », a dit l’un des voisins accourus sur les lieux.

Les forces de sécurité tentaient de faire évacuer les lieux et de bloquer le périmètre. En raison de la puissance de l’explosion, deux villas en face de l’ambassade ont subi d’importants dégâts et les vitres d’un commerce, 200 mètres plus loin, ont été soufflées. La rue devant la chancellerie a été inondée d’eau vraisemblablement en raison de l’explosion d’un tuyau. Aucune indication n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur les motifs ou les auteurs de cet attentat.

Condamnations unanimes à Paris et Tripoli

Le président François Hollande a rapidement « condamné avec la plus grande fermeté l’attentat qui a frappé l’ambassade de France à Tripoli et qui a blessé deux gendarmes assurant la sécurité de notre emprise diplomatique ». Le chef de l’État français exprime également « sa solidarité et ses voeux de prompt rétablissement aux blessés ». Il a par ailleurs demandé au ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius d’envoyer immédiatement son représentant pour prendre sur place toutes les mesures nécessaires et veiller au rapatriement des deux gendarmes. « La France attend des autorités libyennes que toute la lumière soit faite sur cet acte inacceptable, pour que les auteurs soient identifiés et traduits devant la justice. Cet acte vise, à travers la France, tous les pays de la communauté internationale engagés dans la lutte contre le terrorisme », a conclut François Hollande.

De son côté, Laurent Fabius a affirmé qu’ « en liaison avec les autorités libyennes, les services de l’État mettront tout en oeuvre pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet acte odieux et que ses auteurs soient rapidement identifiés ». Le ministre des Affaires étrangères doit se rendre mardi après-midi à Tripoli.

Présent sur les lieux de l’attentat, son homologue libyen Mohammed Abdel Aziz a pour sa part « condamné fermement cet acte que nous considérons comme un acte terroriste contre un pays frère qui a appuyé la Libye durant la révolution » de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kaddafi. « Nous regrettons cet acte et nous exprimons notre solidarité avec le gouvernement et le peuple français », a ajouté le ministre libyen.

Insécurité persistante

En 2011, la France dirigée par Nicolas Sarkozy avait, avec la Grande-Bretagne, conduit une coalition  – relayée par la suite par l’Otan – qui avait mené des raids aériens contre les forces du régime de Mouammar Kaddafi. Cette opération, qui entrait dans le cadre d’une résolution de l’ONU visant à protéger les civils en Libye, avait permis de venir à bout du régime de Mouammar Kaddafi, tué en octobre 2011 à l’issue d’un conflit de huit mois.

Mais depuis la chute de l’ex-Guide, l’insécurité est persistante dans le pays, particulièrement dans la région de Benghazi (est), frappée par des attentats et des assassinats ayant conduit les Occidentaux à évacuer la ville. en septembre 2012, un attentat contre le consulat américain à Benghazi avait tué l’ambassadeur et trois autres Américains. Ces violences sont souvent imputées à des islamistes radicaux.

À cela s’ajoute un contexte régional marqué par le conflit au Mali, où l’armée française est intervenue à la demande des autorités de Bamako à la suite d’une offensive des groupes islamistes armés vers le Sud en janvier. Les organisations jihadistes – le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – visés par l’intervention française dans le Nord du Mali, avaient menacé en représailles de s’attaquer aux intérêts français.

Un précédent attentat du même type avait eu lieu le 5 janvier 2011, quand un Tunisien se réclamant d’Aqmi, Bachir Sinoun, avait fait exploser une bombonne de gaz devant l’ambassade de France à Bamako, faisant au moins un blessé léger. Le 8 août 2009, un kamikaze s’était fait exploser devant la chancellerie française, à Nouakchott, ne faisant qu’une victime : lui-même.

Plus récemment, une attaque menée par un groupe d’islamistes radicaux fortement armés contre le consulat de Washington à Benghazi, dans la soirée du 11 septembre 2012, avait coûté la vie à l’ambassadeur des États-Unis en Libye, Christopher Stevens, ainsi qu’à trois autres Américains.

Jeuneafrique.com

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