Bernard Tapie placé en garde à vue à l’hôpital

L’homme d’affaires se disait serein avant d’être interrogé par les enquêteurs de la brigade financière sur l’arbitrage qui lui a permis d’empocher 405 millions d’euro en 2008.

Son passage devant les enquêteurs? Bernard Tapie n’en a «rien à foutre». Lundi matin, quelques heures avant sa convocation par la brigade financière de Paris pour y être interrogé sur l’arbitrage qui lui a permis d’empocher 403 millions d’euros, l’homme d’affaires ne se démontait pas. «Des rendez-vous comme celui-là, j’en ai eu sept avec Eva Joly. Résultat: six non-lieu et une relaxe», rappelait-il, dans des propos rapportés par Europe 1. Et de renchérir: «Sur le fond, je ne suis pas inquiet. Je me demande bien ce qu’ils peuvent trouver».

Dans la matinée, Bernard Tapie a été placé en garde à vue à l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu, qui dispose d’une salle spécialisée pour les personnes nécessitant une surveillance médicale. Une mesure de prudence, tant le face-à-face entre les enquêteurs et le bouillant homme d’affaires s’annonce musclé … et long: Bernard Tapie peut être entendu pendant 96 heures du fait du contexte d’«escroquerie en bande organisée». Un chef d’inculpation retenu pour les autres acteurs du dossier mis en examen ces dernières semaines: l’ex-juge arbitre Pierre Estoup, Stéphane Richard, l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, et Jean-François Rocchi, l’ancien président du Consortium de réalisation (CDR), instance chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais. Les juges ont estimé que les trois hommes avaient pu pousser l’État et le CDR «à accepter un compromis d’arbitrage contraire à leurs intérêts».

Une réunion à l’Elysée en 2007 au coeur des interrogations

Bernard Tapie fait-il lui aussi partie de cette fameuse «bande»? Les enquêteurs s’interrogent sur les liens qu’entretient l’homme d’affaires avec le juge Pierre Estoup, qui semble avoir eu un rôle central dans la procédure d’arbitrage. Selon les éléments publiés par Le Monde, l’ancien magistrat est soupçonné d’être intervenu dès 1998 en faveur de Bernard Tapie, lors d’un procès visant l’Olympique de Marseille. Une dédicace rédigée par l’homme d’affaires et retrouvée au domicile de Pierre Estoup intrigue particulièrement les policiers: «Votre soutien a changé le cours de mon destin».

Bernard Tapie doit également être interrogé sur ses fréquentes visites à l’Elysée entre 2007 et 2012, alors que les enquêteurs soupçonnent les services de la présidence d’être intervenus pour privilégier l’arbitrage. Pour se justifier, l’homme d’affaires évoque des rencontres amicales avec Nicolas Sarkozy, dont il avait soutenu la campagne en 2007. Mais au fil des interviews, Bernard Tapie a reconnu à demi-mot avoir participé à une réunion-clé fin juillet 2007 à l’Elysée. Étaient présents Stéphane Richard, Jean-François Rocchi, Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence, son adjoint François Pérol et Patrick Ouart, alors conseiller justice de l’Elysée. C’est au cours de cette réunion que Claude Guéant aurait tranché en faveur de l’arbitrage, assure Stéphane Richard.

Si Bernard Tapie affiche son optimisme, c’est parce que François Pérol, entendu discrètement par les enquêteurs la semaine dernière, semble avoir gardé le silence et n’a pas été inquiété. «S’il y avait quelque chose à trouver, François Pérol aurait parlé la semaine dernière», explique-t-il à Europe 1. Reste que l’ancien ministre de François Mitterrand risque une présentation devant les juges en vue d’une mise en examen. Selon Le Journal du dimanche, il pourrait dans ce cas s’attendre à devoir verser une caution et à voir ses biens placés sous séquestre.

L’homme qui en savait trop

Un autre protagoniste du dossier, Jean Bruneau, président de l’Association des petits porteurs pour l’annulation de la vente litigieuse d’Adidas (Appavla), est entendu séparément depuis lundi matin dans les locaux de la brigade financière. Les policiers s’interrogent notamment sur un courrier qu’il a adressé à Me Maurice Lantourne en 2007. Jean Bruneau y félicite l’avocat de Bernard Tapie pour les 274 millions d’euros que, d’après ses sources, l’homme d’affaires va réunir. Or la fameuse missive est datée du 29 avril 2007, soit plus d’un an avant la décision du tribunal arbitral d’accorder à Bernard Tapie un dédommagement de 241 millions d’euros… De quoi interpeller les enquêteurs.

lefigaro.fr

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Commentaires

  • Deep - Votre commantaire est en attente de modération. 18 août 2015 #1

    罗杰.彭罗斯 谈唯物主义:“ what I am partly saiyng is that those words (materialist) are a bit out of date, because the contemporary understanding of material is very different now from the way it used to be. If we consider what matter really is, we now understand it as much more of a mathematical thing. When these categories materialist’, idealist’ etc. were first coined, people thought of matter as a much more defined thing, something which is there’, and then you combine that with mysterious mind stuff which is floating around, which would be separate from it. But I think that matter itself is now much more of a mental substance; So before we have a deeper understanding of what is really going on, to talk about things in these terms is almost certainly limiting and inappropriate.”我所部份谈到的是,这些语汇(唯物主义的)有些过时了,因为当今对物质的理解已经与过去大不一样了。 如果来考虑物质到底是什么,我们现在知道,这不过是个数学玩意。如“唯物主义的、“唯心主义的”这类词语当初被造出时,人们把物质想成是一个确定的东西,一件在那里明摆着的东西,再把它与神奇飘忽的精神连接起来。但我现在认为,物质的本质是心灵的。 所以,在我们对真相有更深的了解之前,奢谈那些语汇几乎必然是局限的、不合适的。

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