Barack Obama s’attaque au changement climatique

Le président a présenté mardi un «plan d’action» volontariste, qu’il risque de devoir imposer à un Congrès rétif.

Barack Obama a présenté mardi, avant de s’envoler pour l’Afrique, un ambitieux plan d’action contre le réchauffement climatique, après des années de paralysie à Washington et de promesses électorales non tenues. «Les Américains, partout dans le pays, payent déjà le prix de l’inaction», a martelé Barack Obama lors d’une conférence très attendue sur le campus de l’université de Georgetown, dans la capitale fédérale.

Le président américain entend imposer des normes de pollution plus strictes aux centrales à charbon, qui produisent deux tiers des besoins en électricité et 40 % des rejets de gaz carbonique des États-Unis. Il a aussi annoncé des subventions pour les investissements dans des technologies innovantes et l’octroi de plus de terres fédérales à des projets d’énergies renouvelables. Quant au projet controversé de pipeline Keystone XL entre le Canada et les États-Unis, Obama a signifié qu’il ne serait approuvé que s’il ne génère pas un accroissement des émissions de gaz à effet de serre.

Cette réglementation, déjà incluse dans les promesses de campagne du candidat démocrate en 2008, avait été défaite une première fois par un Congrès très divisé en 2010. L’année précédente, la Maison-Blanche avait pris l’engagement de réduire de 17 % d’ici à 2020 les émissions de gaz à effet de serre du pays par rapport à leur niveau de 2005.

Imposer des normes

Devant l’absence d’avancées, elle s’était tournée vers l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA), autorisée par décret à fixer le niveau d’émissions de gaz carboniques dans l’industrie américaine. Mais celle-ci n’a pu mener sa tâche à bien. Sa nouvelle administratrice, Gina McCarthy, nommée par Obama en remplacement de Lisa Jackson, n’a toujours pas été confirmée. Elle fait l’objet d’un tir de barrage du lobby industriel et des républicains au Congrès.

Mais depuis la réélection d’Obama en 2012, la donne a changé. «Ce second mandat va être plus rude pour le pétrole et le gaz, Obama a moins intérêt à les protéger maintenant que sa dernière élection est derrière lui», estime Robert McNally, ancien conseiller à l’énergie du président Bush.

Invoquant «une obligation morale à l’égard de nos enfants» et le rêve d’une économie basée sur de l’énergie «propre», Obama semble enfin vouloir accélérer la cadence et imposer un calendrier à l’EPA, la forçant à édicter et imposer des normes d’émissions de CO2 d’ici à juin 2014.

La Chambre des représentants, sous contrôle républicain, ne paraît guère plus encline qu’en 2010 à entériner un tel plan. Si le Congrès devait à nouveau lui mettre des bâtons dans les roues, le locataire de la Maison-Blanche pourrait être amené à gouverner par décret, au titre du Clean Air Act de 1970, comme il avait menacé de le faire lors de son discours sur l’état de l’Union en février.

Un passage en force pourrait cependant faire payer le prix fort au Parti démocrate: les républicains fourbissent déjà leurs armes en prévision des élections de mi-mandat, en novembre 2014, ciblant certains élus démocrates en quête de réélection dans des États producteurs d’énergie, tels que les sénateurs Mary Landrieu (Louisiane), Mark Begich (Alaska) et Mark Pryor (Arkansas).

Pour Amy Harder, du National Journal, le plan d’action dévoilé à Georgetown «ne sera pas populaire et pourrait ne pas marcher». Il risquerait d’ailleurs de forcer Obama à retirer son soutien à Gina McCarthy – tout comme il l’avait fait pour une autre fidèle, Susan Rice, promise au département d’État et elle aussi sacrifiée sur l’autel de la realpolitik.

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans Actualités, International, People. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir