Bousso Dramé : Symbole d’une jeunesse africaine décomplexée

Comme un fracas, le jeudi 20 juin dernier, une jeune intellectuelle sénégalaise s’illustrait en se faisant le porte voix d’un certain ressentiment que partagent de nombreux Africains et particulièrement ceux qui ont déjà entrepris des démarches d’obtention d’un visa européen et français particulièrement.

Son nom c’est Bousso Dramé et son geste c’est d’avoir refusé un visa et un voyage tout frais payé vers la France pour prendre part à une formation qu’elle a reçue en récompense pour avoir été lauréate du concours national d’orthographe 2013, (organisé par l’Institut Français à Dakar, dans le cadre des Prix de la Francophonie), et mieux, elle a fait connaitre ses raisons par une lettre ouverte adressée au consul général de France au Sénégal.

Plébiscite

Celle qui a justifié son geste par le fait d’avoir fait face «durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires» a déclenché une avalanche de félicitations à son égard et de fierté témoignée par de nombreux Africains dont une écrasante majorité de jeunes.

La lecture d’un tel plébiscite se veut sans complaisance le fait que Mlle Bousso Dramé est sans doute devenue le symbole d’une jeunesse africaine de plus en plus décomplexée face au reste du monde et particulièrement face aux anciens empires coloniaux occidentaux.

En effet, ces traitements que réprouve Mlle Bousso sont légions et nombre d’Africains les subissent sans mots dire, et pis, ils sont de diverses catégories et souvent l’étonnement vient du fait que certains qui sont sensés faire respecter le continent subissent de telles vexations dans les secrets d’une salle d’attente du consulat sans oser le décrier.

On a en mémoire, le refus de l’ambassade de France d’octroyer le visa à un éminent professeur de la faculté des lettres de l’université Cheick Anta Diop (UCAD), le Professeur d’université et écrivain, agrégé de grammaire, Omar Sankharé pourtant invité à se rendre en France pour raison professionnelle. A l’occasion de cet événement, l’on se souviendra que les étudiants de l’UCAD avaient organisé une manifestation devant l’ambassade de France pour exprimer leur ras-le-bol.

Jeune africaine sans complexe

Ainsi donc à l’instar de cette manifestation, la lettre ouverte de Bousso Dramé prouve que l’on est sans conteste devant une jeunesse africaine qui n’a pas le complexe de ses devanciers, une jeunesse qui n’a rien à envier au reste du monde à l’image de Mlle Dramé qui, il faut le rappeler est Diplômée de Sciences Po Paris, Diplômée de la London School of Economics, nominée “Global Shaper” par le Forum Economique Mondial, récipiendaire de la Bourse d’Excellence Eiffel du Gouvernement Français pour les étudiants étrangers.

Désormais, c’est une jeunesse qui crie haut et fort ce que ses dirigeants chuchotent et n’osent crier. C’est définitivement une jeunesse qui donne l’exemple à ces aînés complexés de l’aveu d’Idriss Déby Itno, exemple à ceux qui auraient dû le lui donner. Cette jeunesse n’entend pas tendre l’autre joue quand elle est giflée, elle rend les coups désormais.

Burkina24.com

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