À Dakar, Obama plaide pour la démocratie

Le président américain a visité l’île de Gorée, d’où partaient pour un voyage sans retour les esclaves africains.

Commencée mercredi soir à Dakar, la tournée de Barack Obama en Afrique subsaharienne est d’emblée apparue comme suspendue au sort de Nelson Mandela. À peine arrivé au Sénégal, le président des États-Unis a tenu à réaffirmer son intention de se rendre en Afrique du Sud et a rendu hommage au père de la «nation arc-en-ciel», «un héros pour le monde entier», dont «l’héritage continuera à vivre à travers les âges (…) le jour où il quittera cette terre».

Venu saluer la démocratie sénégalaise et défendre l’État de droit devant les juges de la Cour suprême, Barack Obama avait aussi à honorer, outre la figure de Nelson Mandela, la mémoire des Africains partis comme esclaves pour l’Amérique. Accompagné de son épouse et de ses deux enfants, le premier président noir américain s’est rendu sur l’île de Gorée, au large de Dakar, pour une visite à la Maison des esclaves et à sa célèbre porte du «non-retour». «Plus que tout, cela nous rappelle au devoir de rester vigilants lorsqu’il s’agit de la défense des droits de l’homme», a-t-il notamment déclaré sur place.

Coopération militaire

Lors de son court et unique déplacement en Afrique subsaharienne durant son premier mandat, au Ghana, en juillet 2009, Barack Obama avait également salué la mémoire des esclaves, victimes du commerce triangulaire, avant de lancer aux peuples africains cette phrase qui marqua les esprits: «Je préfère des institutions fortes plutôt que des hommes forts.»

Quatre ans plus tard, au Sénégal, la vitrine démocratique de l’Afrique francophone, le président américain a cherché jeudi à reprendre le fil de son discours sur l’État de droit. Barack Obama avait reçu, le 28 mars dernier, le président Macky Sall à la Maison-Blanche. Un geste qu’il avait refusé à son prédécesseur, Abdoulaye Wade, dont le seul mérite, aux yeux des autorités américaines, aura finalement été d’accepter le verdict des urnes lors de la dernière présidentielle sénégalaise. Venu encourager la démocratie sénégalaise, le président américain devait évoquer la coopération militaire avec ce pays touché par les ondes de choc du terrorisme au Sahel. Cette visite avait aussi pour objet de renforcer les relations économiques entre les deux États.

Devant les juges de la Cour suprême, Barack Obama a donc comme prévu souligné qu’une démocratie, pour être forte, a besoin d’«un pouvoir judiciaire fort, indépendant de la sphère politique, et qui travaille dans la transparence et sans pression injustifiée». «Les sociétés sont plus fortes et plus stables quand elles reposent sur un État de droit» et «quand les citoyens savent que leurs droits seront protégés de l’arbitraire», a plaidé le président américain, qui a affirmé sa confiance en l’avenir de l’Afrique. «Je crois que le continent vit un moment de grandes promesses», a-t-il répété.

Pour l’égalité des droits

Dans son discours devant les juges de la Cour suprême, Barack Obama a également défendu les droits universels. Il a indiqué qu’il revenait aux juges d’établir la justice et l’équité pour les femmes, les enfants, les pauvres, les victimes de discriminations et de violences. Ce propos rejoignait celui, tenu plus tôt dans la matinée, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue sénégalais, Macky Sall.

Commentant l’actualité américaine et la récente décision de la Cour suprême des États-Unis en faveur du mariage gay, Barack Obama avait alors présenté son «opinion» aux Africains en ces termes: «Quels que soient la race, la religion, le genre, l’orientation sexuelle, face à la loi, tout le monde doit avoir les mêmes droits.» L’homosexualité est un sujet sensible en Afrique, où elle est criminalisée dans la plupart des pays, hormis l’Afrique du Sud, qui est le seul du continent à autoriser le mariage homosexuel. Au Sénégal, le président Macky Sall a récemment exclu l’adoption d’une loi autorisant l’homosexualité réclamée par des défenseurs des droits de l’homme.

lefigaro.fr

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