L’ex-président veut que l’UMP «redevienne audible»

Pour les proches de Nicolas Sarkozy, les primaires prévues par les nouveaux statuts n’auront pas lieu s’il se déclare.

C’est le paradoxe de la rue de Miromesnil: plus Nicolas Sarkozy dit qu’il ne reviendra pas en s’appuyant sur l’UMP, plus il consulte et reçoit des élus UMP. Mercredi, il a accueilli Jean-Louis Costes, le nouveau député UMP de Villeneuve-sur-Lot, en compagnie du député maire UMP d’Arcachon Yves Foulon. Un vrai tapis rouge pour ce héros du jour. Nicolas Sarkozy lui a dit toute l’importance qu’il accordait au prochain vote des militants UMP pour que son parti puisse tourner la page des querelles de novembre et «redevenir audible». «Nous avons besoin d’une opposition qui se fait entendre», a répété Sarkozy. Ce soin consciencieux mis à traiter les élus de l’UMP, même les plus novices, ne l’empêche pas de dire à ses amis que si les circonstances sont favorables à son retour, il ne s’appuiera pas sur l’UMP.

L’image du parti est abimée

L’ancien président a été très affecté par la déliquescence d’un parti qui l’a porté au pouvoir et dont il n’a jamais souhaité la dislocation. Mais il a en revanche tout fait pour empêcher la rédaction de l’article imposant des élections primaires afin de désigner le candidat du parti aux présidentielles dans les nouveaux statuts. Cette nouvelle clause, obtenue de haute lutte par François Fillon, complique les conditions du retour en politique de Nicolas Sarkozy.

«Sarkozy se présentera après avoir été directement désigné par les Français et non pas avec l’investiture de tel ou tel», avance un ancien ministre qui a été reçu récemment rue de Miromesnil. Une phrase qui veut dire en clair que seuls des sondages massivement favorables emporteront sa décision et qu’il fera tout pour éviter des primaires. Aux yeux de Sarkozy, c’est la relation directe avec les Français qui est décisive.

Il en est d’autant plus convaincu que l’image du grand parti de l’opposition est très abîmée dans l’opinion. À cela s’ajoute le soin que mettent en général les présidents de la République sortants à ne pas paraître prisonniers d’un appareil partisan. Pour le sarkozyste Yves Foulon, «il va de soi que si Sarkozy revient, il n’y aura pas de primaires». Selon ce dernier, les candidats à la candidature, qu’il s’agisse de François Fillon ou Xavier Bertrand -les deux seuls à s’être officiellement placés sur la ligne de départ-, renonceront d’eux-mêmes. Pourtant, l’un et l’autre ont affirmé le contraire.

«Attitude clanique»

De son côté, Brice Hortefeux estime que «pour Nicolas Sarkozy, l’UMP n’est pas le sujet. Ce qu’il faut, c’est une UMP unie et forte». Car quel que soit le candidat, «il aura besoin du parti et de ses moyens de campagne». Quant à savoir si Sarkozy doit s’effacer derrière une nouvelle génération, comme le suggèrent certains éditorialistes, l’idée fait sursauter les proches de l’ancien président. «La nouvelle génération a du souci à se faire, un sondage vient de montrer que Juppé est le favori des partisans de l’UMP. Aujourd’hui, ils donnent une prime à l’expérience, pas au renouvellement!», avance un proche de Sarkozy.

Par ailleurs, il n’est donc pas complètement dans l’intérêt de l’ancien président que Jean-François Copé réussisse à revenir du purgatoire dans lequel il semble durablement relégué. Selon un ex-ministre, qui a vu récemment l’ancien président, celui-ci juge que le bilan de Copé est «très mauvais», car «il s’en tient à une attitude clanique et il ne parvient pas à créer une dynamique». Il regrette également la façon dont le centre est «livré à lui-même». On ne compte plus les critiques à l’égard de François Fillon, qui contribue lui aussi à «affaiblir l’UMP», estime cet ancien ministre.


Dati: le PS, auteur d’un «scandale d’État»

Les amis de Nicolas Sarkozy savourent le non-lieu annoncé dans l’affaire Bettencourt et dénoncent le climat des affaires autour de l’ex-président. «La seule affaire d’État avérée, qui scandalise les Français, c’est l’affaire Cahuzac!», tonne ainsi Rachida Dati, dans un communiqué. «M. Désir, c’est vous et vos petits camarades, en abandonnant les Français au chômage et à l’insécurité, et en leur mentant, qui êtes depuis trente ans l’auteur du plus grand “scandale d’État” qui soit», accuse-t-elle. «C’est vous le chef de cette bande organisée qui affaiblit une par une les valeurs socles sur lesquelles repose notre nation: la famille, la liberté d’expression, la laïcité, l’intégration, le travail!» Sur i-Télé, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, avait qualifié Nicolas Sarkozy de «chef d’une bande organisée».

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