Compte de campagne de Sarkozy invalidé : un coup dur de plus pour les finances de l’UMP

Déjà en proie à des difficultés financières, le parti va être privé de près de 11 millions d’euros après la décision du Conseil constitutionnel d’invalider le compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Une «grande souscription nationale» est déjà lancée.

«Nous n’avons pas les moyens…» Interrogé jeudi matin sur i-Télé sur les conséquences d’un éventuel rejet du compte de campagne de Nicolas Sarkozy sur les finances de l’UMP, Jean-François Copé n’avait pas caché son inquiétude. Et pour cause. La décision du Conseil constitutionnel prive le parti d’une subvention publique de quelque 11 millions d’euros qu’il devait percevoir au titre du remboursement des frais de campagne, au moment même où il se débat dans d’importantes difficultés financières.

 

En cause, l’effondrement du financement public, indexé sur les performances aux dernières législatives. L’UMP, qui a récolté en 2012 près de 4 millions de voix de moins qu’en 2007, a vu son enveloppe réduite de 10 millions d’euros. Le parti paye également le prix du non-respect de la parité: l’UMP, qui a présenté moins de 30% de femmes lors du scrutin de juin 2012, a encore écopé cette année d’une retenue d’environ 4 millions d’euros sur ses subventions. Enfin, l’affrontement entre Jean-François Copé et François Fillon a entraîné une chute du nombre d’adhérents, et donc des cotisations.

Le parti, qui doit rembourser l’achat de son siège de la rue de Vaugirard – 32 millions d’euros sur 13 ans -, risque de se retrouver en situation de quasi-banqueroute à moins d’un an des municipales. En novembre dernier, déjà, l’ancien trésorier du parti Dominique Dord avait tiré la sonnette d’alarme, estimant que le déficit de trésorerie du parti allait dépasser les 50 millions d’euros. Pour pouvoir continuer à fonctionner, l’UMP a emprunté l’été dernier près de 55 millions d’euros auprès de plusieurs banques. Lesquelles ont réclamé en échange que l’UMP s’engage à respecter un plan de retour à l’équilibre.

Une grande «souscription nationale» organisée

Depuis un an, le parti se serre la ceinture. Traiteur, frais de déplacements, location de salles… tous les postes de dépenses jugés superflus ont été revus à la baisse. Cette année, comme la précédente, l’UMP n’organisera pas de campus d’été, afin d’économiser quelque 2 millions d’euros. Enfin, la masse salariale a été réduite d’un tiers, grâce au non-renouvellement de CDD. Mais tous ces efforts ne suffisent pas, a fortiori maintenant que le parti a été privé d’une enveloppe sur laquelle il comptait pour renflouer en partie ses comptes.

En désespoir de cause, l’UMP a également décidé en début d’année d’augmenter le montant de la cotisation demandée à ses élus puis, plus récemment, d’en appeler à la générosité de ses adhérents. Une piste que le parti va continuer à exploiter. Jeudi soir, Jean-François Copé a annoncé le lancement d’une «grande souscription nationale»: les personnes le souhaitant pouvaient déjà, dans la soirée, faire un don en ligne sur le site du parti.

François Fillon a appelé sa «famille politique» à «assumer de manière solidaire les conséquences financières» du rejet du compte. «Il va falloir faire un appel à tout le monde, que chacun donne en fonction de ses moyens», a confirmé le député Philippe Briand, trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. L’ancien président va-t-il être appelé à participer à l’effort de redressement de l’UMP? La question sera certainement au centre du prochain bureau politique du parti, qui sera consacré à cette situation de crise.

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