Un rapport contesté sur l’état de santé de Nelson Mandela

Un document judiciaire du 26 juin affirme que le héros de la lutte contre l’apartheid était alors «dans un état végétatif permanent». Ce que les médecins cités par la présidence démentent.

La vie de Nelson Mandela ne tiendrait plus qu’à un fil. C’est en tout cas ce que laisse penser un document judiciaire daté du 26 juin, qui indique que l’ancien président sud-africain était à cette date «dans un état végétatif permanent et est sous assistance respiratoire pour survivre. L’anticipation d’une mort prochaine est basée sur des motifs véritables et sérieux». Ce texte annonce aussi par que l’état de santé du héros de la lutte contre l’apartheid «a empiré» et que «les médecins ont conseillé à la famille Mandela de débrancher la machine qui le maintient artificiellement en vie. Plutôt que de prolonger ses souffrances, la famille Mandela envisage cette option comme étant très probable».

Une version toutefois démentie jeudi soir par des médecins cités par la présidence sud-africaine. «Madiba (Nelson Mandela) demeure dans un état critique mais stationnaire. Les médecins démentent que l’ancien président soit dans un état végétatif», selon la déclaration du gouvernement. Les révélations du document judiciaire sont, il est vrai, bien plus inquiétantes que le discours tenu jeudi encore par l’épouse de Mandela, Graça Machel. «Cela fait maintenant environ 25 jours que nous sommes à l’hôpital. Même si Madiba n’a pas toujours été bien, il n’a que très peu souffert», a-t-elle indiqué, ajoutant «il va bien». «Il est sans aucun doute très malade mais il n’était pas inconscient, il a même essayé de bouger ses yeux et sa bouche quand je lui ai parlé», a renchéri un vieil ami de l’ancien chef de l’Etat, Denis Goldberg, jeudi. «Il n’était clairement pas inconscient (…) il a compris qui j’étais», a-t-il indiqué. Le laureat du prix Nobel de la paix est hospitalisé depuis le 8 juin après une récidive de l’infection pulmonaire dont il souffre depuis plus de deux ans.

La famille Mandela se déchire

Ces nouvelles sur l’état de santé de Mandela, qui aura 95 ans ce mois-ci, surviennent au moment où son clan se déchire dans une sombre affaire de transfèrement de dépouilles. Au coeur de ce feuilleton judiciaire sordide, la décision de Mandla Mandela, l’aîné des petits-enfants de Mandela, de déplacer en 2001 les dépouilles de trois enfants de ce dernier à Mvezo, village natal du prix Nobel. Avant cela, les corps étaient enterrés dans le village de Qunu (sud), où Mandela a passé son enfance et où il souhaite reposer. Selon sa famille, Mandla voulait construire un complexe touristique à la mémoire de son aïeul à Mvezo, village dont il est le chef. «C’est le lieu de naissance de mon grand-père et les gens voudront toujours y venir en visite car il a une forte signification. Il n’y a pas d’autre lieu où il soit né», s’était défendu Mandla, souvent critiqué dans la presse comme l’indigne héritier de son grand-père.

Mercredi, la justice a donné raison à la famille contre le chef de clan Mandla: les trois corps ont été exhumés, puis remis en terre jeudi à Qunu (sud). Mais l’affaire ne s’arrête pas là, tournant au mauvais feuilleton: jeudi, Mandla Mandela, souhaitant régler son linge sale en public, a déclaré devant la presse que son fils Zanethemba était en réalité le fruit d’une liaison entre son ex-femme, Anaïs Grimaud, et son propre frère Mbuso. Mandla s’en est aussi pris au reste de la famille, déclarant: «Je me suis retrouvé attaqué par des individus qui cherchent une minute de gloire et d’attention médiatique à mes dépens».

Un tel déballage public choque, voire dégoute un grand nombre de Sud-Africains, à l’heure où l’on s’attend à tout instant à la mort du héros national: «Heureusement que le legs politique de Mandela est trop fort pour être détruit», «on ne choisit pas sa famille», «Un Mandela peut-être mais un Nelson, je ne crois pas…», peut-on lire sur Twitter.

lefigaro.fr

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