A Lampedusa, le pape François fustige « l’indifférence » du monde face au sort des migrants

Le pape François est arrivé, le 8 juillet, à Lampedusa pour sensibiliser le monde sur le sort des migrants clandestins. Au cours d’une messe dans un petit stade de l’île sicilienne, l’ancien archevêque de Buenos Aires a fustigé  «l’indifférence» du monde face à la mort de centaines de migrants venus d’Afrique qui tentaient de traverser la Méditerranée en quête d’une nouvelle vie.

Lampedusa accueille le pape François. L’avion de l’ex-archevêque de Buenos Aires a atterri, le 8 juillet, sur la petite île sicilienne moins d’une heure après le débarquement de 166 migrants d’un bateau secouru par les garde-côtes italiens. Dès son arrivée, le souverain pontife est allé jeter une couronne de fleurs à la mer et a présidé une messe en hommage aux milliers de migrants venus d’Afrique qui ont trouvé la mort en tentant de traverser la Méditerranée en quête d’une vie meilleure.

« La culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d’autrui » et « aboutit à une globalisation de l’indifférence », a déploré le pape lors d’une messe suivie par 10 000 personnes sur le petit stade de l’île sicilienne, agitant des fanions aux couleurs (jaune et blanc) vaticanes et des banderoles disant merci au pape de sa venue.

Depuis un lutrin fabriqué à partir d’un gouvernail et de rames, François a expliqué avoir décidé ce voyage sans précédent – qui est aussi sa première sortie hors de Rome depuis son élection, en mars – pour « prier, accomplir un geste de proximité et également réveiller les consciences afin que ce qui s’est produit ne se répète plus».

Nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un endroit meilleur pour eux et leur famille mais ils ont trouvé la mort.

Selon le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, 40 migrants sont morts depuis le début de l’année en tentant de gagner l’Italie depuis l’Afrique du nord après un bilan encore plus lourd de 500 victimes en 2012.

«Nous avons fui notre pays pour deux motifs économique et politique»

« Nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un endroit meilleur pour eux et leur famille mais ils ont trouvé la mort », a souligné le pape. « Qui est responsable du sang de ces frères et sœurs ? (…) nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle », a-t-il dénoncé, en demandant « pardon » pour toutes ces victimes.

Le chef de l’Église catholique a aussi salué « les chers immigrés musulmans qui commencent aujourd’hui le jeûne du ramadan avec le souhait d’abondants fruits spirituels ». Le pape a aussi remercié les 6 000 habitants de Lampedusa, les organisations humanitaires et les forces de police pour « leur attention » à l’égard des « personnes en voyage vers quelque chose de meilleur. (…) Vous êtes une petite communauté mais vous offrez un exemple de solidarité ».

S’écartant comme souvent de son discours écrit, le pape a raconté le récit d’un migrant, qu’il a rencontré et qui lui a indiqué « être passé entre les mains de ces trafiquants qui exploitent la pauvreté ».

Après son arrivée sur l’île, le pontife avait été conduit en vedette des garde-côtes devant la Porte de l’Europe, un monument dressé à la mémoire des victimes des naufrages. Sur ce bateau qui a secouru 30 000 personnes ces 8 dernières années, le pape a dit une prière puis jeté une couronne de chrysanthèmes tandis que les autres bateaux faisaient retentir leurs sirènes.

Le pape s’est ensuite rendu sur le quai où les réfugiés sont conduits après des périples exténuants qui ont commencé dans des zones déshéritées et ravagées par des conflits en Afrique (Somalie, Éthiopie) et au Moyen Orient (Irak, Syrie, Afghanistan). « Prions pour ceux qui aujourd’hui ne sont pas là », a dit le pape à un petit groupe d’immigrés arrivés récemment. « Nous avons fui notre pays pour deux motifs économique et politique », a répondu un migrant en demandant « l’aide du Saint Père après nos longues souffrances ».

Toutes les cérémonies étaient marquées par la sobriété, sans personnalités politiques. C’est une vieille jeep fournie par un habitant qui a fait office de papamobile.

(Avec AFP)

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