Le portrait d’Arnaud Montebourg en «héros romantique»

Dans une chronique du New York Times, le ministre du Redressement productif est décrit comme un audacieux «matador», qui clame tout haut ses ambitions présidentielles.

Il est ce «héros romantique» typiquement français qui séduit tant outre-Atlantique, cet homme «grand» et «élegant en costume et cravate noirs» que «les lectrices du magazine Elleplacent dans les premiers noms de leur liste pour un flirt de vacances»… Dans une chronique intitulée «Agent saboteur?», la journaliste du quotidien américain The New York Times, Maureen Dowd, qui déplorait le week-end dernier le mal-être général qui touche la France, dresse cette fois le portrait plutôt flatteur d’ un «optimiste» au royaume des sinistres: celui du ministre du Redressement productif. La journaliste évoque la couverture du magazine sur laquelle l’homme politique apparaît en marinière pour vanter le «made in France», et revient sur la vie amoureuse «très commentée» de ce «célibataire de 50 ans».

Reprenant le titre de l’article que avait consacré à Arnaud Montebourg, «l’enfant terrible», elle rappelle les bras de fer du ministre avec «les capitalistes étrangers», «si féroces qu’il a bien failli se faire virer». Maureen Dowd revient notamment sur ses passes d’armes espitolaires avec le PDG de Titan, Maurice Taylor, que Montebourg a traité d’ «extrémiste» quand ce dernier critiquait «les soi-disant ouvriers» français de l’usine Goodyear d’Amiens-Nord, qui «ne travaillent que trois heures» par jour.

«Charles de Gaulle de gauche»

La chroniqueuse, qui a rencontré le ministre à Paris, revient surtout sur le paradoxe entre le discours protectionniste d’Arnaud Montebourg et la campagne du gouvernement français «Dites oui à la France», destinée à séduire les investisseurs étrangers «et à empêcher la France de finir comme la Grèce». «Il est difficile de comprendre comment il peut être pour la dé-mondialisation et l’investissement étranger en même temps», insiste-t-elle, rappelant que certains à Bercy l’appellent «le fou du troisième étage».

Mais son «audace de matador, comparée à la fadeur de Hollande», «ses croisades anti-corruption» et ses doutes envers l’économie de marché «ont fait de lui le champion de ceux qui recherchent un Charles de Gaulles de gauche», affirme la journaliste. Face à elle, Arnaud Montebourg ne cache d’ailleurs pas son ambition, comme lorsqu’elle évoque la primaire socialiste de 2011: «J’ai échoué la première fois, mais cela ne signifie pas que j’échouerai la seconde fois», assure-t-il. Et quand elle lui demande s’il croit au retour politique de Nicolas Sarkozy, le ministre répond «avec malice»: «Peut-être. Peut-être avec des menottes aux poignets».

lefigaro.fr

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