Québec : le bilan atteindrait les 50 morts, le conducteur mis en cause

La police estime que les personnes disparues dans la catastrophe peuvent désormais être considérées comme mortes. Le PDG de la société ferroviaire à laquelle appartenait le train accuse le conducteur d’avoir mal réglé les freins manuels.

Les autorités québécoises n’ont plus l’espoir de retrouver vivantes les personnes portées disparues dans l’accident de train de Lac-Mégantic, survenu samedi. Vingt corps ont déjà été retrouvés et les enquêteurs cherchent encore les dépouilles de 30 autres. «Nous avons rencontré les familles de ces 50 personnes vraisemblablement décédées», a déclaré l’inspecteur Michel Forget. Le précédent bilan officiel faisait état de 15 morts et 45 disparus.

C’est dans ce contexte que le président de compagnie ferroviaire de The Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA), à laquelle appartenait le train, s’est enfin rendu sur place. Les autorités ont toutefois refusé qu’ Edward Burkhardt inspecte le centre-ville dévasté. Le PDG de MMA concentre toute la colère des habitants. Non seulement il a mis cinq jours à leur rendre visite, mais il a semblé se dédouaner au maximum. Après avoir mis en cause lundi les pompiers locaux intervenus sur un feu mineur peu avant l’accident, et s’être rétracté, il a accusé jeudi le conducteur de train de négligence: Tom Harding n’aurait pas appliqué correctement les freins manuels du convoi, ce qui aurait provoqué la tragédie. Il a été suspendu sans solde et pourrait être formellement accusé.

Le train transportant du pétrole brut en provenance du Dakota du Nord aux Etats-Unis a déraillé à Lac-Mégantic à une heure du matin, le samedi, provoquant un gigantesque incendie et explosion. Quelques heures auparavant, un incendie mineur s’était déclaré sur le moteur de l’une des cinq locomotives du convoi de 72 wagons-citernes transportant chacun 100 tonnes de pétrole brut, alors que le train était stationné à Nantes, à environ 13 kilomètres du Lac-Mégantic. Les pompiers ont éteint le moteur de la première locomotive pour éteindre le sinistre, coupant l’alimentation électrique des freins pneumatiques. Edward Burkhardt soupçonne le conducteur, qui a dormi dans un hôtel de Nantes, d’avoir mal réglé les freins manuels qui prennent le relais des pneumatiques, lorsqu’il a quitté le train pendant les changements de quarts de travail. Le train s’est ainsi détaché et a dévalé la pente vers Lac-Mégantic.

Les insultes pleuvent sur Edward Burkhardt


 

«Le conducteur nous a dit qu’il avait actionné l’ensemble des onze freins manuels mais notre sentiment est que ce n’est pas vrai «, a expliqué Edward Burkhardt qui a eu du mal à se faire entendre sous les quolibets et les insultes le traitant de «rat». «Dans les faits, je pense qu’ils ne l’étaient pas parce que sinon nous n’aurions pas eu d’incident», a-t-il admis. les enquêteurs n’ont pas encore pu vérifier cette hypothèse d’une erreur de manipulation des freins du train, faute d’avoir eu accès à la zone la plus sinistrée.

Alors que le débat enfle au Canada sur l’augmentation exponentielle des «trains de pétrole» ces dernières années, Edward Burkhardt a affirmé que son entreprise, présentée par les médias comme une société «low cost», respectait la réglementation. «Est-ce que les règles de l’industrie étaient adéquates? Je ne pense pas», a-t-il lancé. Il a promis que dans le futur, ses conducteurs n’auraient pas le droit de laisser un train sans surveillance lorsque les conducteurs se relaient.

Pressé de questions sur les actions que compte prendre MMA pour venir en aide à la petite municipalité, le patron est resté vague, assurant vouloir «entamer un dialogue» pour connaître les besoins de la population, tout en prenant garde de s’avancer sur les sommes que MMA pourrait débourser. Le gouvernement québécois a de son côté débloqué une aide immédiate de 60 millions de dollars canadiens pour la petite municipalité de 6.000 habitants. Plus de 2.000 habitants de Lac-Mégantic ont été évacués après la catastrophe. Seule environ la moitié d’entre eux ont été autorisés à rentrer chez eux, une partie du périmètre de sécurité étant encore jugé trop dangereux.

lefigaro.fr

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