Côte d’Ivoire-PDCI: « Changeons une équipe qui ne gagne pas » dit KKB

Traité de «soldat perdu» par le président du PDCI, Henri Konan Bédié, Kouadio Konan Bertin (KKB) répond au chef de son parti. Qu’il aimerait bien voir abandonner son leadership au profit d’un renouvellement générationnel.

Le député Kouadio Konan Bertin, dit KKB, a lancé une vraie guerre de succession au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) dont il est le chef de l’organisation de jeunesse. Objectif : faire prendre à Henri Konan Bédié, à la tête du depuis près de vingt ans et ancien chef de l’État (1993-1999), sa retraite anticipée et désigner un autre candidat que lui pour la présidentielle de 2015. Dans une récente interview à Jeune Afrique, ce dernier l’a qualifié de « soldat perdu ».

L’ex-président ivoirien lui reproche ses dernières déclarations et sa demande, de plus en plus pressante, d’un renouvellement générationnel au sein du PDCI. Loin d’avoir été intimidé par la réaction de celui qu’il appelle son « père », KKB a décidé de lui répondre dans un entretien vidéo enregistré le 9 juillet (voir ci-dessous). Pour lui, le PDCI, est « aujourd’hui en train de reculer, de disparaître ». Il explique : « Je constate que depuis la mort du père fondateur, Felix-Houphouët Boigny, le PDCI n’a plus jamais gagné de combat. Il n’a pourtant eu qu’un seul chef et il s’appelle Henri Konan Bédié, à qui on ne peut donc nier la responsabilité de la situation que traverse le parti ». Il ajoute : « Bédié lui-même dit, on ne change pas une équipe qui gagne. Mais une équipe qui ne gagne pas, qu’est-ce qu’on en fait ? Et bien, à contrario, il faut la changer ! »

Je ne sortirai jamais du parti d’Houphouët Boigny.

À tous, KKB donne rendez-vous en octobre, lors du prochain congrès du parti. Il refuse de croire qu’Henri Konan Bédié, 79 ans – dont l’âge interdit théoriquement, selon les statuts du parti, de se présenter – sera reconduit dans ses fonctions. « Le PDCI serait alors le premier parti au monde à élire en congrès une personne inéligible » dit-il. « J’invite tous les militants à respecter scrupuleusement les statuts du PDCI. Des statuts inspirés par Bédié lui-même, à la mort d’Houphouët. C’est même lui qui a fait écrire l’article 35 qui stipule que pour être président du PDCI, il faut avoir entre 40 et 75 ans. Ce n’est pas moi qui demande à Bédié de partir, ce sont nos textes et nous devons nous y tenir ! »

KKB exclut pourtant toute idée de scission, si la modification de ces fameux statuts (sur la base des accords de Marcoussis, qui avaient supprimé la limite d’âge pour être candidat à la présidentielle de 2010) que préparerait Bédié, réussit et que celui-ci est candidat à sa propre succession, puis réélu. « Je ne sortirai jamais du parti d’Houphouët Boigny, pour créer un autre parti. Personne ne m’a amené au PDCI, personne ne m’en chassera », déclare-t-il. Sans répondre à la question : sera-t-il candidat – ou pas – à la tête du PDCI en octobre ?

Jeuneafrique.com

Cette entrée a été publiée dans A-La-Une, Actualités, Afrique, Multimedia, Politique, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir