Égypte : un gouvernement provisoire sans islamistes

La nouvelle équipe a prêté serment mardi, avant d’être immédiatement rejetée par les Frères musulmans, dont est issu le président renversé.

• Le gouvernement provisoire investi. Moins de deux semaines après le renversement du président Mohammed Morsi, le nouveau gouvernement a été investi ce mardi lors d’une cérémonie dans le palais présidentiel. Les 33 ministres, principalement des libéraux et des techniciens, ont prêté serment devant Adli Mansour désigné chef de l’État intérimaire par l’armée. La figure émergeant de ce cabinet est sans conteste le général Abdel Fattah al-Sissi. Ce chef de l’armée demeure non seulement ministre de la Défense, mais hérite en plus d’un poste de vice-premier ministre. Le poste de premier ministre revient à Hazem Beblawi, un économiste de 76 ans, tandis que le Prix Nobel de la paix, Mohamed ElBaradei, avait, lui, déjà prêté serment dimanche comme vice-président chargé des relations internationales. Autre élément notable de cette équipe gouvernementale: la présence de trois femmes, mais aussi de trois coptes, communauté chrétienne très hostile à l’ancien président islamiste Morsi.

• Les Frères musulmans refusent de participer. Selon le porte-parole de la présidence, des ministères auraient été proposés aux Frères musulmans, dont est issu Mohammed Morsi, et aux salafistes d’al-Nour, deuxième parti islamiste d’Égypte après la Confrérie. «Nous espérons que la majeure partie des courants islamistes prendront part à la réconciliation, y compris les Frères musulmans», a également déclaré le porte-parole, Ahmed Elmoslmany. La Confrérie a toutefois refusé de participer au gouvernement de transition, qu’elle refuse de reconnaître. «C’est un gouvernement illégitime, un premier ministre illégitime. Nous ne reconnaissons personne. Nous ne reconnaissons pas même leur autorité en tant que représentants du gouvernement», a réagi un porte-parole, Gehad el-Haddad. Al-Nour réserve pour sa part sa réponse sur un soutien au nouveau gouvernement.

• Violences meurtrières au Caire. Dans la nuit de lundi à mardi, sept personnes ont été tuées et plus de 260 blessées en marge de nouvelles manifestations de plusieurs dizaines de milliers de partisans de Mohammed Morsi. Ces derniers occupent les abords de la mosquée Rabia al-Adawiya, au Caire, et assurent qu’ils ne partiront que quand Mohammed Morsi reprendra les commandes du pays. Plus de 400 personnes ont été interpellées lors de ces affrontements, avant un relatif retour au calme dans la journée de mardi. Les violences ont fait plus d’une centaine de morts depuis le renversement de Morsi le 3 juillet.

• Un responsable américain visiblement snobé. Lundi, le secrétaire d’État adjoint William Burns, premier haut responsable américain à se rendre au Caire depuis la chute de Mohammed Morsi, avait appelé à l’apaisement et au dialogue «entre toutes les parties». Sa visite a semble-t-il toutefois été boudée, les salafistes d’al-Nour et le mouvement de protestation anti-Morsi, Tamarod, («Rébellion») ayant décliné l’invitation à le rencontrer. Les deux camps partagent une même méfiance envers les États-Unis et le rôle qu’ils auraient joué dans les récents événements. «D’abord, ils [les États-Unis] doivent reconnaître le nouveau système», a déclaré le fondateur de Tamarod, Mahmoud Badr. «En second lieu, ils doivent présenter leurs excuses pour leur soutien au parti des Frères musulmans et au terrorisme. Ensuite, on verra.» La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, doit de son côté se rendre mercredi en Égypte pour appeler à un «retour le plus rapidement possible à la transition démocratique».

lefigaro.fr

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