Le président Bouteflika est retourné en Algérie

Hospitalisé à Paris depuis le 27 avril, Abdelaziz Bouteflika s’est envolé mardi, vers 13h30, à destination d’Alger. Le président algérien paraît trop malade pour réellement diriger le pays jusqu’aux prochaines élections présidentielles, en avril 2014.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé à Paris depuis fin avril, s’en est retourné mardi en son pays. M. Bouteflika a embarqué à bord d’un avion de la présidence algérienne en fauteuil roulant, selon une source aéroportuaire. Son avion a décollé discrètement du terminal réservé aux voyages d’affaires de l’aéroport du Bourget, dans la banlieue parisienne, à destination d’Alger vers 13H30, heure de Paris.

Quelques minutes auparavant, un cortège formés de berlines noires et d’un van blanc était arrivé sur la piste. Quelques motards de la police et des policiers en civil et armés s’étaient postés aux abords du terminal.

Après avoir été hospitalisé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce le 27 avril, le chef de l’État algérien avait été transféré à l’institution nationale des Invalides pour une période de réadaptation fonctionnelle.

Dans un bulletin de santé signé de ses «médecins accompagnateurs», rendu public le 11 juin, les professeurs Mohcène Sahraoui et Merzak Métresse y réaffirmaient que M. Bouteflika avait eu un AVC le 27 avril «sans retentissement sur ses fonctions vitales». Ils rappelaient que son transfert à Paris avait été décidé pour «un complément d’exploration, à l’issue de laquelle ses médecins lui ont recommandé d’observer une période de soins et de réadaptation fonctionnelle en vue de consolider l’évolution favorable de son état de santé». Le même jour, il avait reçu le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le chef d’état-major de l’armée, le général Salah Gaïd, ainsi qu’une équipe de la télévision officielle.

Abdelaziz Bouteflika était apparu le 12 juin, pour la première et unique fois depuis son hospitalisation, assis dans un fauteuil et buvant du café. Les images, muettes, le montraient habillé d’une robe de chambre. Il avait manifestement des difficultés à bouger son corps et un de ses bras.

La course vers El Mouradia

Cette mise en scène devant les caméras de télévision était censée mettre fin aux rumeurs alarmantes sur l’état de santé du président algérien. Abdelaziz Bouteflika avait déjà été hospitalisé, fin 2005, pendant près d’un mois à Paris, pour ce qu’Alger avait présenté comme «un ulcère hémorragique». Huit ans plus tard, cette nouvelle hospitalisation, beaucoup plus longue, a clairement fait comprendre à la population algérienne que son président, élu pour la première fois en 1999, ne se succéderait pas à lui-même pour un quatrième mandat à la tête de la nation.

La maladie du chef de l’État à conduit plusieurs voix de l’opposition à réclamer au Conseil constitutionnel qu’il déclare la vacance du pouvoir, ce qui permet d’engager un intérim etl’organisation de nouvelles élections présidentielles. Ce scénario n’a, pour l’instant, pas été retenu. Sauf décès surprise de M. Bouteflika, le calendrier, qui prévoit des présidentielles en avril 2014, devrait donc être respecté.

À Alger, les différents cercles du pouvoir fourbissent leurs armes. Les noms d’Ali Benflis, candidat malheureux à la présidentielle de 2004, ou celui de Mouloud Hamrouche, déjà candidat en 1999, sont parmi ceux avancés pour cette course d’obstacles vers le palais d’El Mouradia.

lefigaro.fr

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