Ayrault attaque Sarkozy pour souder sa majorité

Le premier ministre a invité les parlementaires de sa majorité à Matignon pour fêter la fin de session et leur délivrer son message.

Il a essayé de trouver les mots. Ce qui n’est pas forcément simple lorsque l’on parle sans notes. Mercredi soir à Matignon, Jean-Marc Ayrault s’est adressé aux parlementaires de la majorité dans un court discours d’une vingtaine de minutes. Quelque 300 députés et sénateurs socialistes, écologistes, radicaux et communistes avaient répondu à l’invitation du premier ministre à venir partager un verre avec lui à l’occasion de l’approche des vacances. Un « pot convivial» donc, mais aussi l’occasion pour le premier ministre de se livrer à une nouvelle séance de calinothérapie à l’égard de parlementaires désorientés.

Perspectives économiques plus que moroses, promesse d’une rentrée agitée avec la réforme des retraites, tensions sur la ligne politique, inquiétudes sur les scrutins à venir… C’est donc à une majorité dans le brouillard que s’est adressé Jean-Marc Ayrault. «J’ai conscience que ce que nous faisons est difficile», a-t-il commencé, applaudi à son arrivée par les convives. Le premier ministre a ensuite décliné son discours en l’articulant autour de trois grands axes. D’abord évoquer « le travail accompli» par la majorité, comme la création de la Banque publique d’investissement ou le lancement des emplois d’avenir et des contrats de génération. Ensuite, se réjouir des «succès divers», comme le pacte de croissance, le plan de rénovation thermique ou le plan numérique. Enfin, terminer sur «ce qui commence à porter ses fruits et ce qui reste à faire». La réforme des retraites notamment que chacun, à gauche comme dans les syndicats, a déjà commencé à critiquer. Au regard de l’aspect explosif de cette réforme, le gouvernement aura besoin de s’appuyer sur une majorité soudée s’il veut, comme annoncé, mener à bien ce chantier à la fin de l’année. «Il y a des réformes à faire, a-t-il assuré. Il faut sauver les retraites, c’est une responsabilité.» Le premier ministre s’est également fendu d’un mot à l’égard des partenaires sociaux, «sans qui on ne peut rien faire».

Un doute profond

Jean-Marc Ayrault a conclu son discours en évoquant l’Europe et sa «nécessaire réorientation» et sans oublier d’y glisser un peu d’antisarkozysme. «Il faut rappeler sans cesse l’état dans lequel la précédente majorité a laissé le pays», a-t-il demandé avant de s’en prendre à l’ancien président de la République «qui a fraudé sur ses comptes de campagne et en plus se fait passer pour une victime. Il a laissé la France dans le même état alors ça suffit!». De quoi convaincre les parlementaires? Pas sûr, même s’ils l’ont également applaudi à la fin de son propos. Car le doute qui les saisit est profond. Lorsqu’ils rentrent dans leurs circonscriptions, les remontées du terrain sont terribles. Et pour l’heure, le pouvoir ne peut s’appuyer sur aucun résultat tangible pour démontrer la pertinence de sa politique. Étude après étude, le pire est même promis à la France. Mardi, c’était au tour de l’OCDE de remettre en cause la promesse de François Hollande de faire baisser le chômage à la fin de l’année. Selon l’organisme, le chômage devrait même atteindre 11,2 % dans l’Hexagone… fin 2014.

Faute de résultat donc, François Hollande et Jean-Marc Ayrault sont repartis à la baisse dans les sondages après une légère embellie. Selon le baromètre mensuel Ifop-Paris Match, la popularité du chef de l’État a reculé de quatre points à 40 % de bonnes opinions ; celle de Jean-Marc Ayrault a baissé de trois points à 45 %. Le premier ministre peut bien câliner les parlementaires pour les rassurer, l’effet n’a qu’un temps.

lefigaro.fr

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