Hollande tente de se requinquer dans son fief de Tulle

Le président de la République s’est rendu dans le plus grand secret dans son ancien fief pour tenter de renouer le contact avec le terrain. Il en a profité pour rendre «une visite de courtoisie» à Jacques Chirac.

Il fait ce qu’il peut pour remonter. Au plus bas dans les sondages, François Hollande s’efforce de travailler sa popularité en berne. Ainsi jeudi, il a dîné plus de trois heures durant avec une centaine de journalistes. Le surlendemain, il a déambulé seul ou presque dans les rues de Tulle et en a profité pour rendre une visite de courtoisie àJacques Chirac. Samedi, sans prévenir, le président de la République s’est rendu dans son ancien fief pour une visite surprise, en tout cas non inscrite à son agenda officiel. L’occasion pour le chef de l’État de se requinquer sur ses terres après une année compliquée, entre les turbulences dans sa majorité, l’affaire Cahuzac et l’aggravation de la crise, et avant une rentrée qui s’annonce tout aussi explosive, avec la réforme des retraites, un probable nouveau tour de vis fiscal et toujours des turbulences dans sa majorité.

«Je suis là de manière amicale. C’est toujours un plaisir de venir à Tulle», a confié le chef de l’État, surpris sur le marché par des journalistes locaux. Il aura pu y prendre le pouls d’une population plutôt bienveillante à son égard. Entre les encouragements à «tenir bon» et les avertissements sur la réforme des retraites, François Hollande est prévenu.

Toujours de façon plus ou moins incognito, le président de la République a ensuite rendu visite à un habitant de la ville qui fêtait ses 99 ans. Puis il a inspecté les derniers travaux en cours dans la ville en compagnie du maire, son ami Bernard Combes. Au passage, François Hollande a glissé aux journalistes qui tentaient de le suivre qu’il venait également de rendre une visite de courtoisie à Jacques Chirac, son prédécesseur à l’Élysée qui fut longtemps aussi un élu emblématique de la Corrèze. «Il était très heureux. J’étais venu le voir l’an dernier. Cela va devenir quasi un rendez-vous, un rite. Il était plutôt alerte sur le plan intellectuel, très clair, on a parlé de politique internationale. C’était une conversation entre un ancien chef d’État et un chef d’État marquant une continuité, c’était amical», a confié François Hollande au JDD.

Entre les deux hommes, il y a plus que des affinités. Tous deux partagent le goût du contact humain, une réelle chaleur humaine, mais surtout une aversion prononcée pour Nicolas Sarkozy. Avant l’élection présidentielle de 2012, Jacques Chirac avait d’ailleurs apporté son soutien à l’ancien premier secrétaire du PS contre le président sortant. «Je peux dire que je voterai Hollande», avait-il lâché. Autre point commun entre François Hollande et Jacques Chirac, leur cote de popularité au pouvoir est faible. Si l’actuel président de la République peut se réjouir de voir la sienne remonter d’un point dans le baromètre Ifop du JDD à 27%, il peut surtout se rassurer en observant que depuis que Jacques Chirac a quitté l’Élysée, il n’a jamais été aussi populaire.

lefigaro.fr

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