Point de presse impromptu pour le Pape

Dans l’avion le ramenant de Rio, le Saint-Père a dialogué avec les journalistes pendant une heure vingt-deux.

À la grande surprise des 70 journalistes de multiples nationalités accompagnant le pape François dans l’Airbus A 330 d’Alitalia qui l’a ramené de Rio de Janeiro à Rome, lundi en milieu de journée, l’homme en blanc, qui avait célébré une messe géante, dimanche matin, sur la plage de Copacabana devant près de 3 millions de personnes, puis présidé quatre cérémonies publiques, s’est présenté, «fatigué mais content», dans la cabine arrière de l’appareil pour répondre aux questions de la presse. Sans aucun filtre, ni sans éluder aucune question, le Pape a ainsi commenté – debout malgré les turbulences – pendant une heure et vingt-deux minutes, son voyage, mais aussi les points les plus brûlants de l’actualité du Vatican à travers une vingtaine de réponses spontanées. Très à l’aise, ses réponses sont souvent entrecoupées de rires, François aimant à l’évidence plaisanter avec son auditoire. Ainsi a-t-il assuré, après une question sur le contenu de la fameuse sacoche qu’il avait à la main à son départ: «Pas la clé de la bombe atomique, mon rasoir, mon bréviaire, un agenda, et un livre sur sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dont je suis un dévot». Il s’est exprimé en espagnol et italien.

C’est la seconde fois qu’il rencontrait aussi longuement la presse. Il l’avait fait quelques jours après son élection papale, en mars dernier, comme il est de coutume, pour remercier les 6000 journalistes alors présents à Rome. En partant à Rio, lundi dernier, François était venu saluer un à un les journalistes et commenter son voyage mais en refusant de répondre à des questions estimant ne pas être à l’aise avec cet exercice. En fait, il ne voulait pas prendre le risque de «plomber» son voyage comme le cas s’était produit pour Benoît XVI dont le voyage africain en 2009 et son message avaient été disqualifiés, avant qu’il ne se pose au Cameroun, par une réponse à une question sur le sida qui avait allumé une polémique mondiale.

Ce qui s’est donc passé lors du vol papal Rio-Rome est surtout une première dans le sens où jamais un pape ne s’était encore entretenu aussi longtemps avec la presse. Jean-Paul II le fit lors de son premier voyage au Mexique en janvier 1979 mais c’est en saluant, un à un, les journalistes présents qu’il répondait à des questions. Fatigué à la fin de longue séance de dimanche soir – l’un de ses secrétaires particuliers visiblement inquiet était venu au bout d’une heure pour signaler discrètement qu’il fallait mettre un terme à l’exercice – le pape François totalement reposé cette fois, est venu repasser une tête très souriante dans la cabine des journalistes, juste avant de se poser à Rome et leur adresser un salut collectif.

Il semble vouloir inaugurer ainsi une relation ouverte avec les médias alors que son prédécesseur Benoît XVI avait fini par imposer des questions écrites quand il se déplaçait dans un pays pour limiter les risques de dérapages. François, avant de quitter le Brésil, a ainsi accordé une interview exclusive à la grande télévision brésilienne Globo. Ce grand lecteur de la presse en a saisi l’enjeu stratégique pour sa mission alors qu’archevêque de Buenos Aires, il était plutôt sur la réserve avec les médias.

lefigaro.fr

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