TROU DE MÉMOIRE – Un étudiant est oublié en prison pendant quatre jours

Arrêté mais pas inculpé, un étudiant américain a été oublié dans une cellule, sans eau ni nourriture. Il a obtenu une large compensation financière et, chose rare, les excuses des autorités.

En avril 2012, Daniel Chong, un étudiant américain à l’université de San Diego, a été arrêté aux Etats-Unis puis oublié en prison pendant quatre longues journées. Interpellé lors d’une descente de police dans une affaire de drogue, il n’a pas été inculpé. «Attends, on vient te chercher dans une minute», lui aurait lancé l’officier de police.

Problème, personne n’est revenu le libérer. Pendant plus de 96 heures, le jeune homme de 23 ans a été enfermé, sans nourriture ni eau, dans une cellule sans fenêtre. Mercredi 31 juillet, Daniel Chong a obtenu une compensation de 4,1 millions de dollars (3 millions d’euros) après un accord passé avec le gouvernement.

Pour s’hydrater, Daniel Chong explique qu’il a dû boire son urine. Il raconte les hallucinations qui ont commencé après son troisième jour de cellule. Entre autres, celle de son empoisonnement par les forces de l’ordre qui, pensait-il, diffusaient de la vapeur toxique via les bouches d’aération de sa cellule.

Après un certain temps, il aurait même fini par accepter son sort, et la possibilité de mourir. Pour laisser un message à sa mère, Daniel Chong a cassé ses lunettes et utilisé un morceau de verre pour graver «Sorry Mom» («Désolé maman») sur son bras. De ce message, il a seulement réussi à écrire la première lettre.

Ce futur ingénieur a bien essayé de s’échapper et de crier pour attirer l’attention des policiers. Pour se faire remarquer, il avait glissé un lacet sous sa porte et hurlé au secours, avant que «cinq ou six personnes ne le retrouvent au milieu de ses excréments», selon la BBC et l’agence de presse américaine Associated Press (AP).

«J’avais perdu la raison», a-t-il expliqué à sa sortie, avant d’être hospitalisé cinq jours pour déshydratation, insuffisance rénale et perforation de l’œsophage. Pendant sa détention, il avait perdu sept kilos.

EXCUSES PUBLIQUES

Le soir de son arrestation, l’étudiant se trouvait dans l’appartement d’un ami, où la Drug Enforcement Administration (DEA) avait retrouvé 18 000 pilules d’ecstasy, d’autres stupéfiants et plusieurs armes. Daniel Chong et huit autres personnes avaient alors été placées en garde à vue, mais lui n’a jamais été inculpé.

Pour éclaircir les circonstances d’une telle erreur, une enquête est en cours. Et, phénomène rare, note l’agence AP, la célèbre DEA (Drug Enforcement Administration), la brigade des stups américaine, s’est publiquement excusée, avant d’annoncer une série de mesures pour éviter d’autres bavures.

Depuis, Daniel Chong, libre et en bonne santé, a repris le chemin de l’université. «Il a abandonné ses études d’ingénieur et s’est orienté vers l’économie. Il veut terminer ses études, poursuivre une carrière, et prendre soin de sa mère«, a résumé son avocate.

lemonde.fr

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