Valls sous le feu des critiques de la gauche et de la droite

Les positions du ministre de l’Intérieur suscitent des critiques nourries, tant dans son camp que parmi ses opposants. Mais pas pour les mêmes raisons.

Le «festival» Valls continue en cette fin de période estivale. Le ministre de l’Intérieur est sur tous les fronts, multipliant déclarations et déplacements. Ainsi pense-t-il soigner sa cote dans l’opinion dans un gouvernement très impopulaire – il reste, de loin, le ministre le plus apprécié – et prendre date pour l’avenir. Mais l’opération est risquée. Il agace. À tel point qu’il est aujourd’hui l’homme à abattre, autant à gauche qu’à droite. Pour la première, il est liberticide. Pour la seconde, il parle plus qu’il n’agit, les résultats ne sont pas là.

Son bras de fer sur la réforme pénale avec Christiane Taubira et ses dernières propositions pour contenir l’immigration, formulées lundi lors du séminaire gouvernemental sur la France de 2025, lui attirent les foudres dans son camp. Rien d’étonnant à ce que Jean-Luc Mélenchon, avec son habituelle outrance, affirme qu’il a été «contaminé» par Marine Le Pen. Pour le coprésident du Parti de gauche, Valls a «pollué l’été», notamment sur le voile islamique à l’université, c’est un «violent».

Mais Manuel Valls dérange également au sein de son parti. Son opposition au projet de loi pénale de la garde des Sceaux reflète la fracture qui existe, au PS, entre les tenants de l’ordre républicain et ceux qui privilégient la prévention à la répression. Les peines de substitution à la prison, la fin des peines planchers pour les récidivistes, les réductions automatiques d’un tiers des peines, préconisées par Christiane Taubira, le ministre de l’Intérieur n’en veut pas. Un «dispositif efficace pour lutter contre la récidive» doit être recherché, a-t-il rappelé ce mardi.

Toutes les vérités n’étant pas bonnes à dire au PS, c’est aussi pour sa remise en question de la politique de regroupement familial pour les immigrés qu’il est à présent visé. Lors du séminaire gouvernemental de lundi, il a proposé que le partenariat de la France avec l’Afrique soit «réinventé» et s’est interrogé sur la «compatibilité» de l’islam avec la démocratie. Propos très diversement appréciés par ses «amis» (lire ci-dessous), pour qui ces deux sujets restent tabous.

Sur tous ces thèmes, les élus UMP se retrouvent. Mais des paroles aux actes, il y a un fossé que, pour eux, Manuel Valls n’a pas franchi. En témoignent les meurtres à répétition à Marseille où le ministre s’est de nouveau rendu mardi après un treizième règlement de comptes, promettant de nouveau des moyens supplémentaires et une vigilance de tous les instants. Et en accusant mardi le maire Jean-Claude Gaudin d’inaction, Manuel Valls a mis le feu aux poudres. «Il a fallu que ce gouvernement se mette en place et que je décide de mettre le paquet sur Marseille, a-t-il déclaré, pour que Jean-Claude Gaudin décide enfin d’un plan de vidéoprotection pour toute la ville et décide enfin de mettre en place une police municipale qui n’existait pas.»«Je suis stupéfait, lui a répondu Jean-François Copé. J’appelle solennellement le ministre de l’Intérieur à reprendre ses esprits et à ne pas se défausser de ses responsabilités sur les élus locaux. La lutte contre la délinquance et les réseaux mafieux relève en premier lieu du ministre de l’Intérieur.» À Marseille, même le MoDem, par la voix de son secrétaire général adjoint, Christophe Madrolle, dénonce «l’échec de la Valls hésitation».

lefigaro.fr

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