Avènement du TEC/CEDEAO : vers un taux uniforme au cordon douanier de l’espace

Le 1er janvier 2014 est la date projetée pour la mise en œuvre effective du Tarif extérieur commun (TEC) dans l’espace géographique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). En prélude à cet évènement de portée économique majeure, la 6e conférence mensuelle organisée par la Direction générale des Affaires économiques du ministère de l’Economie et des Finances a eu pour thème : « Les implications économiques et financières du Tarif extérieur commun de la CEDEAO, menaces et opportunités pour l’économie béninoise ». C’était hier à la salle de conférence de la Direction générale des Impôts et des domaines à Cotonou, sous l’égide du ministre Jonas Gbian.

L’effectivité du Tarif extérieur commun (TEC) dans l’espace de la CEDEAO fait partie des prémices à l’avènement d’une union douanière. Seulement, l’harmonisation du système tarifaire dans le cordon douanier n’est pas sans influence sur les économies des pays de l’espace selon qu’ils s’investissent dans la production de biens ou dans l’import-export. Pour conjurer la multitude d’effets que devra induire la mise en œuvre de cet instrument dynamique, plusieurs dispositions et mesures ont été adoptées en amont par les experts aussi bien de l’UEMOA que de la CEDEAO. C’est notamment l’adoption d’un règlement antidumping et du droit compensateur pour permettre aux Etats de faire face aux menaces extérieures. De même, une définition de mesures de sauvegarde qui autorisent les pays membres à utiliser un tarif complémentaire au droit de douane, existe et s’inscrit dans la perspective d’harmoniser la législation autour du nouvel instrument qu’est le TEC. Dans le même registre, les commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA ont adopté le TEC et les mesures complémentaires qui assurent la taxation uniforme des produits tiers et une protection du tissu productif contre les pratiques déloyales. Autant de dispositions qui concourent à l’effectivité sous peu d’une union douanière. Mais quel sera l’impact d’une telle réforme sur l’économie béninoise ? Cette problématique a mobilisé experts nationaux et ceux de la CEDEAO qui n’ont pas manqué d’apporter des éclairages sur les différentes options qui seront celles des autorités au sommet de l’Etat afin que le Bénin traverse sans grandes difficultés la mise en œuvre du TEC. C’est d’ailleurs à dessein que le ministre de l’Economie et des Finances, Jonas Gbian, a partagé avec l’assistance une série de préoccupations liées au TEC. Quels seront les effets à court, moyen et long termes du TEC/CEDEAO sur l’économie béninoise ? La mise en œuvre de cet instrument présente-t-elle des menaces ou plutôt des opportunités pour l’économie nationale ? Quelle stratégie à mettre en œuvre au Bénin pour faire du TEC un atout majeur à l’économie béninoise ? Ce sont là autant de pistes de réflexions qui ont permis aux différents experts de lever un coin de voile sur les implications du TEC dans l’espace économique de la CEDEAO. Dans leur ensemble, l’option de la production à grande échelle paraît la meilleure aux pays à économie faible de l’espace. De même, il a été suggéré aux autorités béninoises d’approfondir des réflexions pour rendre plus attractifs les secteurs de prédilection pour l’économie nationale.

Dynamiser le partenariat Bénin/Nigeria

L’une des inquiétudes majeures des citoyens béninois dans la perspective du TEC-CEDEAO, est la proximité du géant de l’Est qu’est-le Nigeria. Même si celle-ci, par endroits se justifie, eu égard au poids économique de ce pays, les confidences de l’expert de la CEDEAO, Salifou Tiemtore révèlent que le Bénin doit revoir ses rapports avec son voisin. Pour lui en effet, le Bénin gagnerait beaucoup plus à entretenir des relations commerciales plus franches avec le Nigeria. L’évidence étant que le poids économique du Nigeria fait de lui la locomotive de l’espace économique de la CEDEAO, l’avènement du TEC devrait être un atout pour les autorités béninoises qui se doivent de privilégier les relations bilatérales par l’entremise des négociations au sein des commissions mixtes de coopération. En guise de conseil, l’expert de la CEDEAO souligne qu’à court terme, le TEC ne changera rien pour le Bénin. Mais à moyen et long terme, il suggère de mettre l’accent sur la production de certains biens afin d’en avoir l’exclusivité dans les échanges commerciaux avec le Nigeria. Une franche collaboration dans le cadre du partenariat avec le Nigeria serait un atout pour le Bénin. M.S.

Par Moudachirou SOUBEROU (Stag)

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