Après un bilan décevant à la tête du pays: ce qui reste à faire à Yayi Boni

Arrivé au pouvoir depuis 2006, Yayi Boni est aujourd’hui à la croisée des chemins. On sait désormais que l’actuel chef de l’Etat, loin de ressembler à un certain Mathieu Kérékou, ou un Nicéphore Soglo, laissera un bilan mitigé. Mais il lui reste une petite chance de rentrer dans l’histoire : il suffit de respecter les règles du jeu et de quitter le pouvoir en 2016.

Après l’aventure qu’a constitué la Refondation et son corollaire l’Emergence, le Bénin gagnerait à s’éviter une nouvelle aventure. Comme l’écrivait le quotidien «Le Matinal» du mardi 03 septembre 2013, les potentiels candidats à la présidentielle de 2016 brillent par une absence sur l’échiquier politique. Mais au fond, ce silence n’est pas grave, et ce n’est pas la chose la plus inquiétante actuellement. Le fait le plus inquiétant, c’est plutôt le statu quo du côté des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Yayi Boni n’a toujours pas de dauphin. A moins de 3 ans de la fin de 2 mandats décevants et, au demeurant, très éprouvants pour les Béninois, cela n’est pas acceptable. Si cette tendance se prolongeait, elle confirmerait les doutes sur les véritables intentions du président de prolonger son séjour au Palais de la Marina. Car, si tant est que Yayi Boni veut réellement partir, il lui faut préparer maintenant un dauphin, afin de lui léguer les clés de la gestion. Le président doit montrer à tous sa volonté de partir, en choisissant une personnalité forte qui fait l’unanimité dans son camp. Cette personnalité n’est d’ailleurs pas censée gagner, face aux concurrents de l’opposition.

La bataille d’une Lépi corrigée

En effet, le bilan catastrophique du « yayisme », fossoyeur des libertés, et régime de scandales, spécialisé dans l’à-peu-près et l’improvisation, n’a pas grand-chose à exhiber comme acquis. Si l’opposition se prend très tôt au sérieux, s’entend sur un candidat unique, et parvient à élaborer un bon programme de relance économique, elle aura une très forte chance de recueillir les suffrages des populations déçues. Or, dans l’optique d’une élection régulière, loin du phénomène déplorable de 2011, la Liste électorale informatisée (Lépi) gagnerait à être corrigée. Cet instrument qui a coûté environ la somme de 40 milliards de francs Cfa au contribuable béninois et aux partenaires du Bénin, est aujourd’hui introuvable et inopérationnel. La grande responsabilité de cette « bêtise humaine », est à partager entre Nassirou Bako-Arifari, Nardos Békélé-Thomas et l’Union européenne. C’est aussi une énorme pierre dans le jardin de Yayi Boni. Il n’est donc pas utile que le chef de l’Etat cherche à réviser la Constitution maintenant. Ses échecs ne plaident pas pour lui. Il doit corriger « sa » Lépi, pour permettre au pays de reprendre le sens d’un véritable Etat de droit.

Ne pas caporaliser le Parlement

Le fait de vouloir caporaliser à nouveau la Représentation nationale pour opérer un passage en force, serait une forfaiture de plus. La tâche ardue qui reste à Yayi Boni est de ne pas se dévoyer, et de se pencher sur les solutions aux insatisfactions réelle et aspirations au mieux-être des Béninois. Sinon, il resterait dans l’histoire comme le président du K.o ; celui qui a mené une lutte inéquitable contre l’essence frelatée ; celui qui organise des concours de recrutement à relents ethniques et fortement contestés. Le mal est profond, et le désamour élevé. Un président peut être impopulaire, cela se comprend. Mais, ajoutés les mauvais résultats à la violence, c’est un des crimes les plus inexcusables. La stratégie de l’apaisement voudrait que Yayi et les siens sursoient à leur funeste et illogique projet.

beninsite.net

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