Syrie : le G20 piégé par Poutine

Le dîner des chefs d’Etat a mis en évidence les profondes divergences de la communauté internationale sur le dossier syrien.

Meilleur allié de Bachar el-Assad, Vladimir Poutine a marqué des points lors du dîner des chefs d’État du G20, qui s’est tenu jeudi soir au Palais de Peterhof, un magnifique palace, connu comme le «Versailles» de Pierre Le Grand. Le président russe a non seulement imposé le sujet syrien à la table des discussions officielles, mais il a aussi mis en évidence les profondes divisions de la communauté internationale. Le piège tendu par Vladimir Poutine s’est refermé sur les Occidentaux. Barack Obama est arrivé seul au dîner, paraissant très isolé. Les Européens marchaient ensemble, mais personne ne se faisait d’illusion sur leur prétendue «position commune» sur la Syrie,
très éloignée, en réalité, d’un soutien à l’intervention militaire voulue par la France. L’objectif du dîner était un «échange entre les grands dirigeants du monde, et il ne s’agissait pas de se mettre d’accord», tempérait une source diplomatique française,

Décontracté et souriant, le chef du Kremlin est apparu, plus que jamais, comme le personnage clé pour imposer une solution politique en Syrie. Vladimir Poutine a réussi la prouesse d’agréger autour de lui, son allié traditionnel chinois, les autres grands pays émergents (Brésil, Inde, Afrique du Sud Indonésie, Corée…) ainsi que des démocraties occidentales réticentes, pour de multiples raisons, à s’engager dans un nouveau conflit au Proche-Orient.

Sur le fond, Poutine est parvenu à imposer l’ONU comme seule instance légitime pour trancher l’issue du conflit syrien. Au dîner, la majorité des dirigeants du G20 ont emboîté le pas au président russe, en insistant sur la nécessité de trouver une solution politique, et non militaire, à la crise syrienne, dans le cadre des Nations unies. Alors que sa présence n’était pas prévue à l’origine, le médiateur de l’ONU, Lakhdar Brahimi s’est déplacé à Saint-Pétersbourg.

Le retour en force de l’ONU n’est pas le moindre des paradoxes de ce G20, alors que jusqu’ici le président russe avait bloqué toutes les résolutions au Conseil de sécurité présentées par les Occidentaux…

lefigaro.fr

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