Thomas Bach, pilier de la maison olympique

Favori, l’Allemand (59 ans) a été élu à la tête du CIO. 9e président de l’institution, il succède au Belge Jacques Rogge au sein d’un comité qu’il fréquente assidûment depuis plus de 20 ans.

Le 125e Congrès du CIO n’aura réservé aucune surprise.Tokyo organisera les Jeux olympiques et paralympiques en 2020, la lutte a été réintégrée dans le programme aux anneaux et Thomas Bach, grand favori dans la course à la présidence du comité International Olympique a, ce mardi, été élu. La durée du mandat est, depuis 1999, limitée à 8 ans, renouvelable une fois pour quatre ans. «C’est un signe de confiance que vous m’adressez, a-t-il déclaré. C’est une grande responsabilité mais je mènerai cette tache en suivant mon credo : plus d’unité et plus de diversité

Il en va de la politique comme des arcanes olympiques. L’expérience et les réseaux sont des atouts de poids pour briguer les plus hautes fonctions. L’Allemand arpente les couloirs de Lausanne depuis 1991. Champion olympique d’escrime par équipes (fleuret) aux JO de Montréal en 1976, champion du monde d’escrime par équipes (fleuret) en 1976 et 1977, vainqueur de la coupe européenne des champions en 1978, bardé de multiples titres nationaux, il a traîné son expérience dans de multiples commissions au sein de l’institution. Liste non exhaustive : athlètes (1981-88), presse (1985-88), marketing (depuis 1992), juridique (1993-2001), sport et droit (1995-2001), mouvement olympique (1996-1999), droit TV et nouveaux médias (depuis 2002), jusqu’à la vice-présidence.

Sans oublier de prendre part aux grandes manifestations organisées en Allemagne, lui qui fut membre du conseil de surveillance du comité d’organisation de la coupe du monde de football (2006), membre du conseil d’administration du comité d’organisation de la coupe du monde féminine de football (2011) ou président fondateur de la confédération allemande des sports olympiques.

Un bagage indispensable pour tisser des relations, s’imprégner de l’histoire de l’institution, accompagner le présent, esquisser le futur, répondre au portrait robot que Jacques Rogge tirait ces derniers jours du président du CIO, en se gardant d’émettre le moindre avis sur les six candidats, Richard Carrion (Porto-Rico), Ser Miang Ng (Singapour), Denis Oswald (Suisse), Sergeï Bubka (Ukraine), C.K. Wu (Taïwan) qui étaient  livrés au vote des 94 membres du CIO : «Il faut trouver une unité dans 204 comités nationaux olympiques, 35 fédérations internationales, près de 130 grandes compagnies de télévision, 15 sponsors et 10.500 athlètes aux Jeux olympiques. Ce brassage de directions culturelles, religieuses et linguistiques différentes requiert le sens du compromis et le sens de la diplomatie

Bach, avocat d’affaires, était ces derniers jours un candidat encombré par la diffusion d’un sujet par la chaîne allemande ARD éclairant sur ses relations avec le cheick Ahmad al-Fahad al Sabah du Koweït, ancien président de l’Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole). Denis Oswald (patron de l’aviron mondial), l’un de ses rivaux dans la course à la présidence avait dans un entretien à la radio suisse romande assuré «n’avoir pas tout à fait les mêmes valeurs» que l’Allemand, président de la Ghorfa (chambre de commerce et d’industrie germano-arabe). Et de trancher, loin de la diplomatie de rigueur : «Il est impliqué dans des affaires commerciales, il utilise sa position avantageusement pour passer des contrats pour les sociétés qu’il représente

Bach n’aura pas trop le temps de savourer son succès. Le voilà lancé. Le CIO est prospère (plus de 900 millions de dollars en caisse) mais demeure préoccupé par d’épais dossiers, comme les chantiers des JO de Sotchi et Rio de Janeiro.

lefigaro.fr

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