Quatre morts dans des manifestations islamistes au caire

Quatre personnes ont été tuées vendredi dans des heurts qui ont émaillé des manifestations de milliers d’islamistes au Caire, où la police a tiré des coups de semonce pour empêcher la foule d’approcher l’emblématique place Tahrir.

Les affrontements entre d’une part des partisans de Mohamed Morsi et d’autre part des opposants de l’ancien président islamiste ou des membres des forces de l’ordre ont également fait 40 blessés au Caire et ailleurs dans le pays, a expliqué Ahmed al-Ansari, responsable des services ambulanciers.

«Quatre personnes ont été tuées au Caire», a-t-il déclaré en précisant qu’aucun membre des forces de police ou de sécurité n’était décédé mais sans évoquer la cause ni le lieu exact des décès. Il avait auparavant parlé d’un homme tué par balle.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exprimé vendredi son inquiétude face à ces violences, réclamant le respect des libertés publiques et la nécessité d’un «processus politique ouvert à tous».

Ban Ki-moon a souligné «la nécessité de manifestations pacifiques, l’importance du respect de la liberté de rassemblement et de l’engagement à la non-violence», a déclaré son porte-parole Martin Nesirky.

La ville du Caire a été le théâtre de violents affrontements vendredi, en particulier autour de la place Tahrir, dont les forces de l’ordre avaient bloqué tous les accès.
Pour empêcher plusieurs centaines de manifestants scandant «Dieu est le plus grand» de pénétrer sur la place, la police a tiré en l’air à balles réelles et a envoyé de larges volées de gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Quatre doigts dressés

Les policiers ont ensuite pourchassé ces manifestants, partisans du président destitué et arrêté par l’armée en juillet, pour les repousser vers une place plus éloignée.
A l’issue de la grande prière hebdomadaire, des manifestants ont aussi défilé en direction du ministère de la Défense, et des milliers d’autres se sont rassemblés dans le quartier de Nasr City, où se trouve la place Rabaa al-Adawiya, haut lieu de la violente répression menée contre les Frères musulmans, selon un journaliste de l’AFP.

Des affrontements entre partisans et opposants de M. Morsi ont également eu lieu, selon des témoins, dans les quartiers de Manial et Choubra au Caire, ainsi que, selon l’agence Mena, dans la ville portuaire d’Alexandrie (nord).

Ainsi à Manial, des centaines d’islamistes scandaient des slogans contre le nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, quand des affrontements ont éclaté avec des anti-Morsi, selon un témoin qui a fait état de tirs de chevrotine dans chaque camp.

A Nasr City, les manifestants ont brandi leurs mains avec quatre doigts dressés, un geste devenu le symbole de la répression à Rabaa al-Adawiya, et des portraits de victimes de la répression, en scandant «Vengeance, vengeance», selon le journaliste de l’AFP. Ils se sont ensuite dispersés.

Le 14 août, pour mettre fin à des semaines de sit-in des pro-Morsi sur cette place ainsi que sur la place Nahda, dans un autre quartier, l’armée avait donné l’assaut et tout balayé, tuant des centaines de personnes.

Depuis, plus de 2.000 islamistes ont été arrêtés, dont la quasi-totalité des responsables des Frères musulmans, et l’Alliance contre le «coup» militaire, dirigée par la confrérie, a perdu sa capacité à mobiliser les foules.

La justice a également interdit les activités des Frères musulmans et ordonné la saisie de leurs biens.

Premier président égyptien élu démocratiquement mais accusé d’avoir cherché à accaparer le pouvoir pour les Frères musulmans, M. Morsi a été destitué le 3 juillet par l’armée à la suite de manifestations massives réclamant son départ. Il est détenu au secret et inculpé de la mort de manifestants.

Jeuneafrique.com

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