Compte à rebours pour la fin du mandat présidentiel: Boni Yayi de plus en plus seul

L’euphorie suscitée par l’arrivée du président Boni Yayi au pouvoir en 2006 commence par s’estomper. A moins de trois ans de la fin de son mandat, le nombre de ses supporteurs et sympathisants se réduit de jour en jour laissant le chef de l’Etat seul face à son destin…

« Boni Yayi, dix ans ! », « Boni Yayi, dix ans ! ». Ce refrain chanté à tue-tête par les militants et sympathisants pour la réélection de Boni Yayi semble être aujourd’hui un lointain souvenir. Et pour cause, à peine le président réélu, le désenchantement n’a pas tardé à gagner ceux qui pensaient que le banquier avait des mallettes remplies de billets de banque à distribuer au peuple. Les plus déçus sont d’abord les épargnants d’ICC-services et consorts qui ont pensé que la réélection de Boni Yayi leur permettra de recouvrer les milliards de francs CFA que des individus malhonnêtes leur ont soutirés en leur promettant des intérêts faramineux. Les jeunes ne sont pas du reste. Non seulement les jeunes diplômés n’arrivent pas à avoir du travail, mais beaucoup d’entreprises face à la crise et à la pression fiscale ont dû fermer laissant des milliers de travailleurs sans emploi avec des conséquences sociales. Même les conducteurs de taxi-moto (Zémidjan) qui ont largement contribué à la victoire par KO au premier tour de la présidentielle de 2006 commencent par perdre confiance en leur joker. Les nombreux projets initiés par le chef de l’Etat pour transformer le Bénin en pays émergent n’ont pas permis d’atteindre les objectifs escomptés. Au cours des sept dernières années, Boni Yayi n’est pas resté inactif. Au contraire, il est sur tous les fronts aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Mais malgré cela, ses efforts sont loin de combler les attentes des populations qui ont aujourd’hui du mal à joindre les deux bouts. Cette atmosphère a été viciée par les affaires de tentative présumée d’assassinat du président Boni Yayi et de coup d’Etat, attribuées à l’homme d’affaires Patrice Talon. Et depuis, Boni Yayi n’a plus confiance en personne. Beaucoup de ses amis et même ses proches collaborateurs sont devenus persona non grata. Le projet de révision de la Constitution que vient d’initier le chef de l’Etat a encore élargi la liste des mécontents. Boni Yayi a beau clamer sa bonne foi, mais on le soupçonne toujours de vouloir modifier la loi fondamentale pour se maintenir au pouvoir. Désormais seul contre tous, le président ne compte que sur un cercle restreint. Son conseiller politique (et ‘’grand-frère’’) Amos Elègbè, quelques parents de sa région et bien sûr ses enfants à qui il a confié d’importantes responsabilités à la présidence de la République.

beninsite.net

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