L’USAMRIID (U.S. Army Medical Research Institute of Infectious Diseases), chargé de trouver les solutions pour protéger le peuple états-unien des attaques biochimiques, a depuis plus de 10 ans comme principal projet de recherche, celui de trouver un vaccin ou antidote au virus Ebola.

Pour l’aider dans ses recherches, cet organisme  – dont le laboratoire P4 est situé a Fort Detrick dans le Maryland – fait appel à des laboratoires pharmaceutiques privés comme Mapp Biopharmaceutical Inc. basé à San Diego, CA.

Ce dernier, vient de se faire connaitre comme l’inventeur du Zmapp (association de trois anticorps monoclonaux) et qui vient tout juste d’être autorisé à être envoyé et utilisé au Liberia par Obama et le gouvernement Libérien.  Étrangement, ce laboratoire privé ayant lui un but lucratif, a déclaré offrir ses médicaments.

Revenons juste une année en arrière :

Le 29 juillet 2013, MappBio annonce un partenariat avec Defyrus, autre entreprise privée pharmaceutique basée à Toronto, ON, Canada. Ce partenariat indique une entente autour de leurs médicaments MB-003 (Mappbio) et ZMAb (Defyrus).

Le 21 aout 2013, Mappbio indique que les tests sur les primates non humains sont positifs à 100% et qu’il faudrait désormais des tests sur des humains infectés qui seraient bien entendu volontaires à ces essais.

Ces essais seraient la dernière étape afin d’obtenir l’homologation de la FDA (Food and Drug Administration) et ainsi pouvoir enfin commercialiser un médicament issus de plus de 10 ans de recherche. Il ne manque plus qu’à attendre que des humains soient infectés et qu’ils se portent volontaires. Il faudrait également que le nombre d’infectés soit assez important afin que les résultats soient appuyés par un nombre d’échantillons significatif.

Entre le 15 et le 22 novembre 2013, l’AFRICOM (Armée US en Afrique) organisa au Nigéria une opération de formation afin de se préparer et d’organiser les secours en cas de pandémie. Des représentants de plusieurs pays d’Afrique étaient également invités à ce programme de formation.

En décembre 2013, Médecins sans Frontières commence à signaler pour la première fois les cas d’Ebola mais l’OMS mettra 3 mois et attendra le 29eme décès afin de publier son premier bulletin d’alerte le 23 mars 2014.

3 jours avant, le 20 mars 2014, le NIH (National Institutes of Health) offrit une subvention de 28 millions de dollars à un consortium afin de trouver le meilleur traitement contre le virus Ebola. Consortium dont fait parti la compagnie Mappbio.

Encore un peu plus tôt au mois de mars, AFRICOM réorganisait une opération anti-pandémie cette fois-ci au Benin à laquelle étaient encore invités plusieurs représentants de pays africains.

Le 15 juillet dernier Mappbio et Defyrus annonçait le dépôt du brevet de Zmapp qui sera commercialisé par la société Leafbio.

Le 4 aout, on apprenait que 2 soignants américains avaient été les premiers humains infectés à se porter volontaires pour l’essai du Zmapp et sont actuellement suivis à l’hôpital d’Atlanta. On vient d’apprendre également qu’un prêtre espagnol s’est porté volontaire mais est malheureusement décédé à l’hôpital La Paz-Juan Carlos III de Madrid.

Le même jour, le 4 aout dernier, Leafbio a publié un document afin de se décharger de toute responsabilité en cas d’effets secondaires du Zmapp et qu’il fallait l’autorisation de son médecin traitant qui lui-même devait avoir l’autorisation de la FDA afin d’administrer le Zmapp.

Le 8 aout, l’OMS déclarait  – après 961 morts – l’épidémie comme USPPI (Urgence de Santé Publique de Portée Internationale).

Le même jour, MSF commençait à discuter de traitements expérimentaux.

Enfin le 11 aout, Obama et la FDA autorisait les médecins libériens infectés à recevoir le Zmapp. Accord ayant reçu l’aval du Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS.

En résumé, 10 ans de recherche acharnée  – par l’armée américaine, le gouvernement canadien et des groupes privés pharmaceutiques US et canadiens – est sur le point d’aboutir. Mais pour valider ces recherches, il leur faut des humains infectés par un virus très mortel et qui pourrait être – d’après l’USAMRIID – l’une des armes biochimiques les plus dangereuses pouvant être déployée contre le peuple américain.

Grosse coïncidence, moins de 4 mois après leur publication, une épidémie d’Ebola se déclare chez un petit nombre d’individus au sud est de la Guinée et finalement moins d’un an après cette même publication déclarant être en attente d’humains infectés volontaires, Leafbio et les chercheurs se retrouvent avec près de 2000 humains infectés (dont plus de 1000 sont morts à ce jour) et donc avec énormément de cobayes potentiels.

Rappelons que dans cette même période, le Partenariat Trans-Pacifique se met secrètement et gentiment en place comme le dénonce Médecins Sans Frontières. Ceci est un partenariat US/Canada, avec quelques autres pays, renforçant la propriété intellectuelle afin d’étendre les monopoles des entreprises pharmaceutiques sur les médicaments d’origine.

Pour conclure, j’espère juste que mon point de vue assez pessimiste de notre monde me fait voir le pire dans ce qui serait en fait que de simples coïncidences… mais tout de même nombreuses coïncidences…

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