Secteur du bois au Bénin : Atc-Ib, un label « made in Bénin »

Créée en 2006 grâce à l’agrément du Code des Investissement reçu par décret n°2006-345 du 13 juillet 2006, la société ATC Industrie du bois (Atc-Ib) a su, au fil des années, donner de la valeur au bois béninois en procédant à sa transformation locale au point de créer un label béninois de meubles et d’outils de toutes sortes.

Étendue actuellement sur une superficie de 8 hectares dont 14 000 m2 de bâtiments couverts, Atc-Ib est une unité de transformation de bois située à Allada. Son activité consiste, comme l’ont pu vérifier les journalistes lors de la visite guidée, dans la transformation du bois en produits finis (meubles, salons, cuisines, placards, bureaux, portes, parquets, caillebotis, lames de terrasse, jardinières, etc.) pour le marché local et pour l’exportation vers l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit d’une industrie qui concentre « tous les métiers du bois allant de l’exploitation forestière à la vente de produits finis en passant par la scierie, la fabrication et la finition », a expliqué le directeur technique de l’industrie, Philippe Poisson. Cette transformation en produits finis de l’intégralité des grumes octroyées par l’Office national du bois (Onab), constitue une première au Bénin et génère de la valeur ajoutée au niveau du secteur du bois. En effet, grâce à Atc-Ib, le Bénin peut valablement s’enorgueillir d’avoir des produits en bois au label « made in Benin » à mettre sur les marchés internationaux parce que répondant aux normes internationales. Et ce n’est pas tout.

En plus de l’industrialisation du secteur pour un investissement équivalent de trois milliards neuf cent millions de FCFA dont 300 millions seulement de ligne de crédit accordée une banque de la place, Atc-Ib, c’est aussi environ 400 emplois, dont 290 personnes à l’usine, 40 prestataires en forêt chargés de la coupe et du débardage des grumes ainsi que de nombreux autres emplois directement ou indirectement créées. En plus de cela, les rejets des différentes sections de l’usine profitent aux populations environnantes. « Cela est une fierté pour le Bénin tout entier, et pas celle d’une seule personne », a souligné Fadi Ali Hijazi pour souligner la place qu’occupe Atc-Ib dans l’économie locale au niveau de la commune d’Allada et en général dans celle du Bénin.


Les installations d’Atc-Ib

C’est à une visite guidée que plusieurs journalistes  ont eu droit des installations d’Atc-Ib pour toucher du doigt la valeur ajoutée qu’apporte Atc-Ib au développement socio-économique, à la fois dans la commune d’Allada, et dans le Bénin tout entier.  Au cours de la visite guidée, ils ont d’abord été conduits sur le parc à grumes de la société. Sur l’hectare de terrain que constitue ce parc sont entreposés plusieurs lots de grumes dont certains sont en instance de passer à la scierie. Selon Fadi Hijazi le directeur général d’Atc-Ib, contrairement à ce qui se fait ailleurs toutes ces grumes passeront par différentes étapes pour aboutir à des produits finis vendus localement et à l’international. Et pour justifier ces propos, les journalistes ont été conduits vers les différentes sections de transformation de ces bois. D’abord, la scierie où ils ont pu constater la présence de plusieurs machines servant à découper les grumes puis les bois selon les formes et tailles souhaitées par les autres étapes de la chaîne de transformation. Dans ce processus, tour à tour, les ateliers d’affûtage des lames servant dans les coupes du bois, de séchage du bois, de fabrication de paquets et de lames de terrasse, de fabrication de meubles, de finition et de tapisserie ont été visités. Leur mode de fonctionnement a été expliqué par le directeur général appuyé par le directeur technique de l’usine, Philippe Poisson. Les journalistes ont donc pu constater les machines et la technologie déployées par la société Atc-Ib pour permettre la réalisation de l’idéal recherché de tout temps par les gouvernements successifs du pays, à savoir des produits « made in Benin » de qualité supérieure et répondant aux normes internationales.

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 Atc-Ib dément les accusations du Sg du Syntra Onab et clarifie

Que promeut réellement l’Onab : l’exploitation forestière afin d’exporter frauduleusement et systématiquement vers l’Inde et la Chine ou la transformation industrielle de la matière première en produits finis au niveau national ? C’est la question à laquelle n’arrivent plus à répondre le directeur général d’Atc-Ib, Fadi Hijazi au regard des difficultés actuelles avec l’Onab.

En effet, ils ne comprennent pas qu’en plus de lui refuser jusque-là un contrat d’octroi des 7 000 m3 de grumes sollicités par an, un volume qui équivaut à sa capacité de transformation annuelle et qui devrait lui permettre d’accroître sa production, de créer plus d’emploi et de mieux accompagner l’essor économique du Bénin, une cabale soit lancée à son encontre.

Pour preuve, au cours de sa sortie médiatique du 23 juillet dernier, le secrétaire général du Syntra-Onab a porté différentes accusations contre Atc-Ib. Au nombre de celles-ci, il y a « la mauvaise organisation de l’exploitation forestière, le manque de matériels d’exploitation forestière (scies passe-partout, hache, coins, marteaux masse), le manque d’engins de débardage (tracteurs, chaines de débardage, câbles de débardage, treuils, etc.…), le retard dans le payement des différentes tranches, etc. ». Des accusations qu’ils couronnent par la mise en doute de la « véritable intention » d’Atc-Ib de faire uniquement de la transformation.

Révoltée par des accusations qu’elle juge totalement infondées, Atc-IB à travers la voix de son directeur marketing et communication Marc Edey « met au défi tous les autres opérateurs économiques bénéficiant des attributions annuelles de bois d’ouvrir leurs portes pour que tout le monde puisse comparer ». Pour lui, il ne s’agit là que de propos tenus pour mettre en difficulté la société, parce que son promoteur ne serait pas Béninois. Une situation qui met en péril une entreprise béninoise, qui valorise les produits béninois et génère une plus-value socio-économique.

Pourquoi la sollicitation d’un contrat ?

D’après les explications de Marc Edey, longuement appuyées par Fadi Hijazi les volumes octroyés depuis 2013 à savoir : 3 437 m3 pour cette année là ; 2 573 m3 pour 2014 et 2 100 m3 en 2015 sont largement en deçà des capacités de transformation de la société qui est de l’ordre de 7 000 m3 par an. Mais mieux, « ces contrats de vente de grumes de l’Onab sont annuels et ne nous donnent pas accès aux facilités bancaires auprès des institutions financières dont notamment l’Agence française de développement (Afd) via la banque Société générale Bénin qui subordonne son appui au développement des entreprises à l’existence d’une convention d’approvisionnement garantissant la viabilité de leur investissement à long terme », explique-t-il. Ce qui asphyxie la société quant à ses possibilités d’investissement. Egalement, ce défaut de convention ne permet pas à Atc-Ib de pourvoir entrer dans un partenariat franc avec les grands groupes de distribution occidentaux qui exigent une garantie d’approvisionnement sur plusieurs années. Et pourtant, l’octroi du contrat sollicité par Atc-Ib est à tout point de vue profitable à l’Onab relève Fadi Hijazi. Ce sera explique-t-il, un soutien à une entreprise béninoise qui œuvre pour le développement économique du pays afin de sauvegarder des emplois et de pérenniser aussi la matière première car Atc-Ib assure en valeur monétaire le remplacement des arbres coupés. De plus la réalisation d’un projet de 126 bourses de formation à accorder aux jeunes Béninois est aussi envisagée par Atc-Ib.

 Jesdias LIKPETE

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