Centrafrique : une nouvelle molécule pour lutter contre le paludisme

En Centrafrique, pour combattre le paludisme, Médecins sans frontières (MSF) a déployé dans trois villes du nord, le Traitement préventif et présomptif intermittent (TPPI).

Le paludisme fait de nombreuses victimes en Centrafrique, essentiellement au nord de ce pays d’Afrique Centrale. Dans la ville de Batangafo, 40 000 personnes ont été atteintes par la maladie depuis le début de l’année. Afin d’y faire face, Médecins sans frontières a décidé de déployer, à Batangafo, ainsi que les villes de Kabo et Ndélé, au nord, le Traitement préventif et présomptif intermittent (TPPI). Il s’agit d’un traitement incluant une molécule approuvée par l’Organisation mondiale de la Santé, la dihydroartémisinine-pipéraquine (DHA/PQ).

Depuis le début du mois août, les agents de MSF expérimentent ce traitement dans le lycée de la ville de Batangafo. Ils ont administré ce traitement à près de 7000 enfants. Chaque enfant a reçu un comprimé à avaler, puis les médecins ont donné trois comprimés aux mères de famille qui devront l’administrer à leurs enfants au début du mois suivant. « Cette molécule va à la fois traiter le paludisme et le prévenir, elle reste dans le sang pendant une durée de 3 à 4 semaines », précise Patrick Irengue, le référent du projet à MSF.

C’est la première fois que cette molécule est utilisée, et « les résultats sont sans appel. Ils montrent une diminution allant de 50 à 80% du taux de mortalité suivie d’une baisse des consultations et des admissions pour des cas de paludisme », ajoute Patrick Irengue. Pourtant, cette campagne de traitement a été difficile à mettre en place, du fait de la réticence de la population à l’égard du corps médical. Il a fallu un important travail de sensibilisation afin de faire comprendre à la population, surtout aux mères de famille, les bienfaits de ce traitement.

Une campagne qui a également été mise à mal par la « bataille de Batangafo » qui a eu lieu en 2014, dont les stigmates sont encore visibles. Les bâtiments publics ont été dévastés, les autorités judiciaires et administratives n’existent plus, le lycée du village a été déserté. Lors de la campagne, des rebelles musulmans de l’ex-coalition séléka auraient blessé un commerçant chrétien avant de se réfugier dans la base de MSF, poussant les Casques bleus à intervenir. Des actes de violence qui entravent l’action humanitaire et l’accès aux services de santé

Afrik.com

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