Crise du cuir rond au Bénin depuis décembre 2010 : quel gâchis, 06 ans de foot « taper dos »

Ce 10 mai, la Fédération internationale de football association (Fifa) a décidé de suspendre avec effet immédiat le Bénin de toutes les compétitions internationales de football. Depuis près de 06 ans, le football béninois évolue au gré du climat délétère qui prévaut entre plusieurs de ses acteurs. Retour sur les rebondissements d’une situation sans précédent.

Chronologie d’une bisbille inédite au Bénin : les dates clés

20 décembre 2010 : 12 des 15 membres du Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf) ont annoncé leur démission. Ils pointent du doigt la gestion dite cavalière de la Fbf par Moucharafou Anjorin son président. Les autres motifs de leur démission sont relatifs à la transparence dans la gestion des fonds de l’institution, des contrats avec les sponsors de la sélection nationale et le partenariat avec l’équipementier des sélections nationales de football.

21 décembre 2010 : Bernard Hounnouvi, le directeur exécutif de la Fbf se prévalant des dispositions de l’article 41 du règlement intérieur de l’institution,  met en garde Moucharafou Anjorin ou tout autre membre de ce comité contre tout agissement au nom de la Fbf.  Il déclare disposer d’un délai de 2 mois pour organiser une assemblée générale extraordinaire élective.

24 décembre 2010 : le ministre des Sports prend acte des décisions et décide de sécuriser les lieux par des forces de l’ordre en refusant l’accès à toute personne.

27 décembre 2010 : les 3 membres du Comité exécutif de la Fbf n’ayant pas démissionné (Moucharafou Anjorin, Augustin Ahounavoébla et Bertin Agonkan), se retrouvent  à l’hôtel Beau-rivage de Porto-Novo et décident de remplacer les 12 démissionnaires par de nouveaux membres, se référant à l’article 40 alinéa b des dispositions du règlement intérieur de la Fbf. Moucharafou Anjorin nomme Quentin Didavi au poste de Directeur exécutif de la Fbf, mettant fin au mandat de Bernard Hounouvi.

30 décembre 2010 : La Fifa envoie un fax à  Moucharafou Anjorin. Par cette correspondance signée de Jérôme Valcke (Secrétaire général de l’institution à cette époque) elle reconnaît celui-ci comme président légitime de la Fbf, tout en dénonçant la présence des forces de l’ordre au siège de la fédération et considère comme une ingérence, les décisions prises par le ministre des Sports. Elle donne un ultimatum de 4 jours au Gouvernement béninois pour lever le blocus du siège de la Fbf en menaçant de suspendre les sélections nationales et les clubs béninois de toutes les compétitions officielles.

31 décembre 2010 : le ministre des Sports, Modeste Kérékou retire les forces de l’ordre du siège de la fédération à Porto-Novo.

06 janvier 2011 : Bernard Hounnouvi anime un point de presse au stade de l’Amitié de Kouhounou. Il explique qu’il a bloqué les comptes de la Fbf pour éviter des décaissements frauduleux et annonce l’organisation prochaine d’une assemblée générale élective de la fédération.

07 janvier 2011 : La Fifa envoie un fax à Moucharafou Anjorin pour déplorer le blocage des comptes de la Fbf et pour dénoncer le processus électoral enclenché par Bernard Hounnouvi.

18 janvier 2011 : Bernard Hounnouvi  fait le point des dossiers reçus dans le cadre de l’appel à candidatures pour le renouvellement du Comité exécutif de la Fbf. Une liste unique est en lice pour l’Assemblée générale élective prévue pour le 4 février 2011.

27 janvier 2011 : La mission Caf-Fifa longtemps promise arrive au Bénin.

28 janvier 2011 : Mohamed Iya, président de la Fédération camerounaise de football, Prosper Abéga, Conseiller juridique du Président de la Caf et Primo Corvaro rencontrent à Porto-Novo les différents protagonistes de la crise à la FBF. Ils échangent aussi avec le ministre Modeste Kérékou.

31 janvier 2011 : la majorité des clubs de la Ligue 1 et de la Ligue 2  pour protester contre le déroulement de la mission conjointe Caf-Fifa à Cotonou et à, Porto-Novo, décident de boycotter les championnats professionnels où ils sont inscrits. Il s’agit de 9 des 14 clubs de Ligue 1 et de neuf des douze de  la Ligue 2.

1er février 2011 : La Ligue de football professionnelle annonce la suspension des championnats professionnels.

4 février 2011 : L’Assemblée générale élective convoquée par Bernard Hounnouvi s’est effectivement tenue au Bénin Marina hôtel. A l’issue du vote, la liste conduite par Victorien Attolou (seule liste en lice) a été plébiscitée par les 37 votants.

7 mars 2011 : Victorien Attolou saisit le Tribunal arbitral du sport (Tas) par le biais de Me Cheick Diop. Le plaignant dénonce les « décisions » du 15 février et du 3 mars 2011 et qui sont relatives à la non reconnaissance du Comité exécutif et du Président de la FBF élus l’assemblée générale du 4 février 2011.

9 mars 2011 : Quentin Didavi, dans le cadre de l’organisation à lui confier de l’Assemblée générale publie un communiqué de presse par lequel il invite les clubs à s’acquitter de leurs cotisations annuelles au plus tard le 16 mars 2011. Les clubs se réclamant du camp Attolou confiants en leur légitimité et certains que la décision du Tas leur sera favorable, boycottent la procédure enclenchée par Quentin Didavi.

10 mars 2011 : Le Comité exécutif de la Fbf présidé par Victorien Attolou sanctionne Anjorin Moucharafou et Quentin Didavi. Ils sont interdits d’exercer toute activité relative au football pour une durée de 15 ans

1er avril 2011 : Le Tas sur la base des explications fournies par la Fifa a estimé que la correspondance du 15 février dénoncée par Victorien Attolou n’est pas une « décision ». Le Tas a débouté Victorien Attolou, ouvrant la voie à l’organisation de l’Assemblée générale qui devrait confirmer ou rejeter la cooptation des 12 nouveaux membres de la Fbf. Le camp Attolou se décide alors à prendre part à l’assemblée générale convoquée par Quentin Didavi. Chacun des clubs produit des dossiers pour désigner leur représentant à ladite assemblée générale. Quentin Didavi leur répond que les dits dossiers ont été produits hors délai.

15 avril 2011 : L’assemblée générale s’est effectivement tenue au siège de la Fbf à Porto-Novo. Les responsables de clubs qui n’ont pas eu des accréditations sont interdits d’accès. La tension est vive et les policiers sollicités par Moucharafou Anjorin interviennent. Les responsables de clubs pro-Attolou se retirent. Les représentants du ministère des Sports quittent la salle sur instruction du ministre. L’assemblée générale a eu lieu et la présence des membres cooptés par Moucharafou Anjorin au sein du Comité exécutif de la FBF a été validée par les délégués présents.

20 juillet 2011 : Le Centre international de formation Ajavon Sébastien (Cifas) ferme ses portes.

13 septembre 2011 : après plusieurs reports, le Tas rend sa décision définitive et déboute Victorien Attolou. Seulement, la décision est diversement appréciée dans l’opinion publique parce que le Tas pour se déclarer compétent a eu besoin de considérer que le plaignant Victorien Attolou peut effectivement agir comme représentant de la Fbf. Victorien Attolou a pu être considéré ainsi avec l’autorisation de la Fifa. C’est ainsi que la décision évoque Victorien Attolou comme représentant de la Fbf et demande enfin à la FBF de payer les frais de justice. Cette démarche adoptée par le Tas a semé la confusion au sein de l’opinion et rend aux yeux du profane la décision ambiguë.

18 septembre 2011 : L’avocat de Victorien Attolou donne une conférence de presse au Bénin Marina Hôtel de Cotonou et explique aux médias que son client a eu mieux que ce qu’il espérait à savoir la reconnaissance par le Tas que Victorien Attolou est le président de la Fbf.

14 octobre 2011 : Didier Aplogan le ministre des Sports après avis du Conseil des ministres valide la sentence prononcée par le Tas et adresse une correspondance à Moucharafou Anjorin pour lui notifier la reconnaissance de son Comité exécutif par le Gouvernement.

25 juillet 2011 : Le président de la Fédération Béninoise de football Anjorin Moucharafou est emprisonné, accusé d’avoir mal géré les fonds alloués à la fédération  par les sponsors MTN et JAGO.

13 décembre 2011 : Anjorin Moucharafou est libéré.

03 avril 2012 : La Cour constitutionnelle se déclare incompétente pour dénouer la crise qui secoue la Fbf.

24 août 2013 : La commission électorale déclare vainqueur la liste d’Augustin Ahouanvoebla à l’issue du scrutin électif à la Fbf en présence du ministère des Sports et du Comité national olympique sportif béninois (Cnosb) mais sans les émissaires de la CAF/FIFA

29 Août 2013 : La Fifa annule l’élection d’Augustin Ahouanvoebla et donne son interprétation des textes. Elle demande la reprise des élections.

30 septembre 2013 : Augustin Ahouanvoébla est à nouveau réélu comme président de la Fbf et devance son challenger, Bruno Dadavi de deux voix.

4 septembre 2014 : A la suite d’une enquête ouverte contre les Écureuils cadets suspectés d’avoir triché avec les âges de certains joueurs lors du match aller Bénin-Mali, la Caf suspend les Ecureuils Cadets et Juniors pour deux ans.

26  novembre 2014 : Le Comité exécutif de la Fbf tient une séance extraordinaire et annonce la reprise des championnats nationaux pour le 27 décembre 2014.

27 mars 2015 : Le gouvernement retire l’agrément à la Fbf et annonce la création d’une commission pour connaître les dessous de la suspension des Ecureuils Cadets et Juniors des compétitions africaines et réconcilier la famille du football.

27 octobre 2015 : La Confédération africaine de football (Caf) lève sa décision portant suspension des équipes nationales béninoises de catégories d’âge.

11 novembre 2015 : Installation du Comité de normalisation (Conor). Sa mission est de normaliser la situation concernant les équipes nationales, d’organiser les championnats nationaux de transition et l’organisation de nouvelles élections ouvertes à toutes les candidatures y compris celles des membres du comité exécutif sortant

21 décembre 2015 : La Fifa exclut Médard Sessinou et Laurent Hougnigbo du Conor.

23 décembre 2015 : Louis-Phillipe Houndégnon jette l’éponge suite à l’exclusion de Médard Sessinou et de Laurent Hougnigbo par la Fifa.

2 mars 2016 : Le championnat national de football reprend après une année de suspension.  Les équipes de D1, D2 et National retrouvent le chemin des stades.

1er avril 2016 : Le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo  ordonne au Comité de normalisation (Conor) de suspendre sans délai la tenue du Congrès électif du Bureau Exécutif de la Fbf  prévu pour se tenir les 03 et 04 avril 2016.

27 avril 2016 : Le Conor bénéficie d’un renouvellement de la confiance de la Fifa. Rafiou Paraïso et son équipe ont jusqu’au mercredi 4 mai 2016 pour conduire les travaux du congrès électif.

10 mai 2016 : La Fifa suspend avec effet immédiat le Bénin pour ingérence de la justice locale dans les affaires sportives.

Les acteurs de ce mélodrame footballistique : d’Anjorin, à Ajavon, en passant par Attolou, Ahouanvoébla, Paraïso et les autres

-Anjorin Moucharafou : il était le numéro 1 de la Fbf au moment de la démission des 12 membres du comité exécutif. Il a passé deux mandats à la tête de l’instance avant de se retirer en juillet 2013. Il a par ailleurs séjourné pendant 140 jours derrière les barreaux.

-Bernard Hounouvi : il était le directeur exécutif de la Fbf en décembre 2010. Il bloque dans un premier temps les comptes de la fédération pour « éviter des décaissements frauduleux » et organise le renouvellement du comité exécutif de la Fbf qui voit le triomphe de la (seule) liste de Victorien Attolou.

-Victorien Attolou : ancien membre du comité exécutif de la Fbf jusqu’à la date du 20 décembre 2010. C’est lui qui a été élu le 4 février 2011 à la tête de la Fbf mais son élection ne sera pas reconnue par la Caf et la Fifa.

-Sébastien Ajavon : membre du comité exécutif de la Fbf et président de la Ligue de football professionnel au moment de l’éclatement de la crise. Il est également le président du Cifas a fermé ses portes en juillet 2011.

-Augustin Ahouanvoebla : il est l’un des trois membres non démissionnaires du comité exécutif de la Fbf en décembre 2010. Il sera élu dans un premier temps à la tête de ce comité le 24 août 2013. Sa victoire sera annulée par la Fifa suite à un  recours de son challenger Bruno Didavi. Il l’emporta à nouveau le 30 septembre 2013 face au même Bruno Didavi.

-Bruno Didavi : Il est battu lors du scrutin du 24 août 2013 et obtiendra la reprise de celui-ci suite à une saisine de la Fifa. Sa défaite sera à nouveau confirmée dans les urnes le 20 septembre 2013.

-Rafiou Paraïso : ancien avocat d’Anjorin Moucharafou, il a été nommé à la tête du Comité de normalisation (CoNor) en novembre 2015.

-Des ministres : cinq ministres des Sports auront fait face à cette crise. Il s’agit de Modeste Kérékou qui était aux affaires au moment de l’éclatement de la crise en décembre 2010. De Didier Aplogan, de Naomi Azaria la première femme à occuper un tel poste, de Safiou Idrissou Affo celui sous lequel la Fédération s’est vue retirer l’agrément. Le dernier est de ce groupe de cinq, est Oswald Homéky premier ministre des Sports du quinquennat de Patrice Talon. Il a hérité de la crise à laquelle il a tenté de trouver une solution définitive. Il a demandé « un délai de grâce » aux émissaires de la Caf et de la Fifa. Un plaidoyer qui n’a visiblement pas été pris en compte par la Fifa qui a décidé de suspendre le Bénin depuis le 10 mai dernier.

CoNor : Comité de normalisation ou de « dénormalisation » ?

Installé depuis le 11 novembre 2015, le CoNor devait dénouer la crise.  En effet dans une correspondance du 19 septembre 2015, la Fifa recommandait aux autorités béninoises la mise en place d’une structure pouvant remettre sur les rails le football béninois. C’est suite à cela qu’il a été installé.  La famille du foot béninois déchirée par  des guerres de leadership et les intérêts personnels, devait par son biais prend la voie de la réunification et mettre en place les conditions qu’il faut pour conduire à l’installation  du nouveau comité exécutif. Mais la contestation des conditions dans lesquelles seule la liste d’Anjorin Moucharafou a été validée pour cette élection aura conduit le Bénin dans cette nouvelle impasse qui découle de sa suspension par la Caf.

La Caf et la Fifa toutes puissantes et au-dessus de la souveraineté des Etats : l’issue d’autres cas de suspensions de pays

Les litiges entre les instances africaine et mondiale du football et les Etats sont aussi vieux que leur histoire commune. Sous la tutelle de deux entités qui revendiquent, d’une part le statut d’association à but non lucratif et d’autre part celui de bailleur de fonds, les fédérations nationales se retrouvent souvent au centre d’un conflit d’intérêt. Rouleau compresseur ou machine à broyer, plusieurs qualificatifs sont employés pour désigner les instances auxquelles sont affiliées les fédérations nationales de football. Et pour cause, la Caf et la Fifa sont deux associations à but non lucratif qui n’admettent de ce fait, aucune ingérence des pouvoirs politiques. Et c’est en vertu de ce principe que ces deux entités brandissent la menace des suspensions. Plusieurs pays africains ont ainsi été au clash avec ces organismes, avec à la clé, des décisions pour sanctionner l’intervention du pouvoir politique. Ainsi, peu  l’élimination du Nigéria des 1/8 de finale du mondial 2014, il est suspendu. En  effet, la Haute cour de justice nigériane venait de dissoudre le Bureau fédéral de la Fédération. La Nigeria football federation (Nff) avait fait l’objet d’une action en justice à l’issue de laquelle  une décision a interdit entre autres au président de la Nff de gérer les affaires du football nigérian. Une démarche condamnée par la Fifa. Le Nigéria bénéficiera d’une levée provisoirement de sa suspension, la Fifa ayant observé une « tendance positive » dans la suite de l’affaire. L’instance mondiale se référait ainsi au fait que le plaignant qui avait engagé des actions en justice, ait publiquement fait savoir qu’il retirait sa plainte. La Fifa décide finalement de lever la suspension de la Fédération nigériane après la réhabilitation du Bureau directeur de l’instance.

…Et le Togo face au drame de Cabinda

Le 8 janvier 2010, le bus de l’équipe du Togo qui allait entrer en lice pour la Can 2010 en Angola est mitraillé par des rebelles indépendantistes du Cabinda. Deux membres de la délégation ont trouvé la mort. Le Togo renonce à la compétition. Mais la décision entrainera à la surprise générale sa suspension  par la Caf des deux Coupes d’Afrique des nations (Can) suivantes. La Caf par la voix de son président, déclarera que les sanctions contre le Togo sont dues à des « interférences gouvernementales » ayant abouti au retrait de l’équipe togolaise. Au mois de mai 2010, la Caf annonce que « sous les auspices du président de la Fifa, Joseph Blatter » qu’elle « a décidé de lever les sanctions qui interdisaient au Togo de disputer les deux prochaines Can ». La sanction avait été jugée « scandaleuse » et sans « aucune dimension humaine », par le Gouvernement togolais. La Caf a toutefois précisé dans son communiqué que « les officiels togolais ont publiquement admis leur erreur, en particulier de n’avoir pas communiqué à la Caf le retrait de la Can »

De l’interprétation des textes fondamentaux : les relations entre la Fbf, la Caf, la Fifa et le Gouvernement

La Fbf  en tant qu’association créée en 1962, affiliée à la Fifa la même année et à la Caf en 1969 est la seule institution répondante de la Fifa au Bénin et seule habilitée à gérer le football dans le pays. Elle peut recevoir des ordres du Caf, elle-même affiliée à la Fifa depuis 1978 et qui coiffe toutes les fédérations nationales de football en Afrique.  D’après la commission des associations réunie à Zurich (Suisse) l’an dernier,  les textes fondamentaux de la Fifa interdisent toute ingérence des autorités politiques nationales dans la gestion du football à l’intérieur des Etats. Selon cette commission, aucun gouvernement n’a la compétence pour influencer de quelque manière que ce soit la vie organisationnelle du football. Cependant, la pratique béninoise est sur le point de faire exception puisqu’à plusieurs reprises déjà, l’Etat s’est ingéré dans la gestion du foot. Plusieurs décisions de justice rendues par des juridictions béninoises en sont l’illustration.  Le 27 Mars 2015, le Gouvernement a retiré à la Fbf son agrément.

Par Herman Ahouandé (Stg) et Gratien Hounkanlin (Stg)

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